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Rester ou partir ? Pourquoi je n’arrive pas à trancher
Vous y pensez au réveil, dans la voiture, le soir avant de dormir. Rester ou partir ? La question tourne, revient, et ne se laisse jamais attraper. Vous avez fait des listes, demandé conseil, pesé le pour et le contre dix fois, et vous êtes toujours au même endroit. Le problème ne vient pas d’un manque de volonté : posée ainsi, la question n’a tout simplement pas de réponse dans la tête. Elle se joue ailleurs, plus bas, là où vous ressentez.
Ce que je vois souvent chez les femmes que j’accompagne en hypnose à Lausanne, c’est une immense fatigue. Celle d’avoir tourné en rond si longtemps qu’on ne sait même plus ce qu’on veut vraiment. Si vous en êtes là, ce n’est pas par indécision ou par caprice : la question, telle qu’elle se pose, est simplement épuisante à porter. Alors avant de chercher à trancher, regardons doucement pourquoi ça bloque.
Pourquoi ma liste des pour et des contre ne m’aide jamais à trancher ?
Parce qu’une décision comme celle-ci ne se prend pas dans la colonne des arguments. Tant que vous cherchez la réponse par le raisonnement, vous restez dans votre tête, loin de ce que vous éprouvez au fond. Or c’est justement dans le ressenti que la clarté se trouve. Le psychiatre Robert Neuburger le souligne : on ne tranche pas un couple sur une colonne d’arguments, on en fait le bilan, honnêtement et sans injonction (On arrête ?… on continue ?, Robert Neuburger, éd. Payot).
Faites l’expérience : imaginez qu’un être qui sait tout vous garantisse que vous irez mieux en partant. La décision serait prise en une seconde. Puis qu’il vous garantisse l’inverse. Prise aussi. Ce que vous cherchez, au fond, dépasse une liste plus longue : vous voulez savoir dans quel sens vous pourrez enfin vous sentir vous-même. Et cette information-là, une analyse a du mal à vous la donner. Souvent, c’est le corps qui la sait avant la tête.
Et si je n’avais pas peur de la relation, mais de m’y perdre ?
C’est souvent le vrai nœud. La vraie peur, au fond, c’est celle de disparaître dans l’autre : ne plus savoir où vous finissez et où l’autre commence. Rester ou partir n’en sont que les deux visages. Une part de vous veut le lien. Une autre a appris qu’aimer, c’était se plier, s’oublier, cesser d’être soi.
Quand on a grandi en devant faire plaisir pour être aimée, l’engagement garde un goût de piège. S’attacher réveille une vieille alarme : « Si je m’engage, je vais me perdre. » Alors on hésite, on doute, on garde un pied dehors. Non pas parce que la relation est mauvaise, mais parce qu’une partie de vous vous protège d’un danger d’autrefois. La reconnaître change déjà beaucoup de choses.
Pourquoi je me pose cette question dans chaque relation, dans chaque emploi ?
Quand le doute revient partout, à chaque relation, à chaque poste, c’est rarement l’autre qui est en cause. C’est une manière ancienne de vous tenir sur le seuil, jamais tout à fait dedans, pour ne pas revivre le sentiment d’avoir été absorbée par quelqu’un.
Souvent, cela remonte à un lien d’enfance où être soi n’était pas permis, où il fallait se façonner autour du besoin d’un parent. À partir de là, tout engagement devient suspect. Au bout de quelques mois, la même petite voix revient : « Est-ce la bonne personne ? Est-ce le bon endroit ? » Derrière cette petite voix, il y a rarement de la légèreté ou de l’ingratitude : le plus souvent, une peur profonde de l’engagement, qui demande à être entendue plutôt que combattue.
Et si je partais pour me retrouver exactement dans la même situation ailleurs ?
C’est le risque quand on décide en fuyant le présent. On imagine qu’ailleurs, plus tard, tout sera plus léger. Mais tant que la vieille peur n’a pas été rencontrée, elle voyage avec vous. Et deux mois ou deux ans plus tard, le même scénario se rejoue avec une autre personne, un autre emploi.
Le futur, dans ces moments, est toujours idéalisé : là-bas, je serai enfin libre, enfin moi-même. Mais cette liberté que vous placez de l’autre côté du départ est déjà disponible maintenant. Plutôt que « Dois-je partir pour être moi ? », la vraie question devient : « Qu’est-ce qui m’empêche de l’être, ici, dès aujourd’hui ? »
Et si je ne restais pas par peur, mais faute d’autre option ?
Cela arrive souvent, et personne ne le dit. Se reprocher son immobilité suppose qu’une porte était ouverte et que vous ne l’avez pas prise. Parfois elle ne l’est pas. Le salaire ne suffit pas pour deux logements, le bail est à son nom, les enfants sont scolarisés ici, le permis de séjour dépend de la situation. Dans ces cas-là, rester relève du calcul juste, fait avec les moyens du moment.
La distinction compte, parce qu’elle change ce sur quoi vous travaillez. « Je n’ose pas partir » demande un travail sur la peur. « Partir me mettrait dans une situation pire » demande autre chose : élargir vos options avant de trancher. Confondre les deux, c’est se soigner d’un mal qu’on n’a pas, tout en s’accusant d’un défaut qu’on n’a pas non plus.
Une question aide à s’y retrouver, et elle est concrète : qu’est-ce que cette relation, ou ce poste, tient à lui seul dans votre vie ? Le revenu, le logement, la vie sociale, la garde des enfants, le sentiment d’avoir une place. Quand tout repose sur un seul point d’appui, partir devient matériellement impossible — et aucune clarté intérieure n’y changera rien.
Ce qui déplace les choses, alors, tient à tout autre chose : ajouter des appuis, un par un. Un revenu propre, même modeste. Une amitié qui ne dépend pas du couple. Un lieu où aller dormir trois nuits. Chaque appui ajouté fait baisser le prix de la décision, jusqu’au jour où elle redevient possible. Vous ne tranchez pas mieux ; vous vous rendez le choix accessible.
Un mot enfin sur l’élan, parce qu’il manque souvent au moment de commencer. Ces démarches se font rarement avec enthousiasme. Ouvrir un compte, se renseigner sur un loyer, reprendre contact avec quelqu’un — on les fait fatiguée, sans y croire, en se disant que ça ne servira à rien. Ce n’est pas grave. Une action posée sans joie compte exactement autant qu’une autre. Attendre de se sentir prête, c’est attendre un signal qui vient après, pas avant.
Est-ce que je reste par amour, ou parce que je n’ose plus ressentir ?
Le doute permanent finit par fermer le cœur. Pour douter d’une relation sans arrêt, il faut se couper un peu de ce qu’on ressent. Et poser une limite, c’est tout l’inverse : ça demande un cœur ouvert. Dire ce qui ne va pas n’oblige pas à cesser d’aimer.
Quand quelque chose vous blesse et que vous vous fermez, votre cœur vous envoie un signal précieux. Il vous dit : « Là, il y a une limite à poser, une parole à oser. » Rester en lien avec vous-même, c’est apprendre à dire ce qui compte tout en gardant le contact, sans tout accepter et sans claquer la porte. Beaucoup de femmes découvrent alors qu’elles n’avaient jamais essayé d’être pleinement elles-mêmes dans la relation. Et que, souvent, quand la relation le permet, cela change tout.
En quoi l’hypnose et le travail sur les parties de soi peuvent m’aider à y voir plus clair ?
En arrêtant d’essayer de trancher par la logique. Le mental tourne en boucle parce que ce terrain n’est pas le sien. Avec l’hypnose et l’approche des parties de soi, on quitte la liste des pour et des contre pour écouter, à l’intérieur, ce qui demande à être entendu.
Concrètement, on prend le temps d’accueillir la part de vous qui veut partir, et celle qui a peur de rester. Aucune n’a tort. Chacune protège quelque chose. En les écoutant l’une après l’autre, sans les forcer à se mettre d’accord, vous renouez avec votre propre ressenti, cet endroit où la décision se prend pour de vrai. L’hypnose, ici, n’est qu’un état de détente léger, où l’on se sent suffisamment en sécurité pour laisser remonter ce qu’on tenait à distance. Rien de spectaculaire, rien à forcer : juste un contact retrouvé avec soi.
S’il y a de la violence, de l’emprise, ou de la peur pour votre sécurité dans cette relation, ce n’est plus une question de « Rester ou partir ? » à peser. La première étape est un accompagnement spécialisé : votre médecin, un psychothérapeute, ou une structure d’aide dédiée. Mettez-vous d’abord en sécurité.
Si vous tournez en rond depuis longtemps sans arriver à trancher, et que vous aimeriez y voir plus clair pour vous, on peut simplement en parler. Je vous propose, si vous le souhaitez, un échange téléphonique de 30 minutes, gratuit et sans engagement, pour faire connaissance et voir si mon approche vous parle. La ou les éventuelles séances se dérouleraient ensuite au cabinet, à Lausanne.
Pour aller plus loin
- Robert Neuburger, On arrête ?… on continue ? Faire son bilan de couple, éd. Payot — un psychiatre aide à réfléchir posément à la question de rester ou partir, sans injonction.
- Saverio Tomasella, Le sentiment d’abandon, éd. Eyrolles — pour comprendre la peur de se perdre ou de s’oublier dans l’autre, et retrouver un appui en soi.
- Christophe André, Imparfaits, libres et heureux, éd. Odile Jacob — sur l’estime de soi, cette base qui permet de rester soi-même dans le lien.
- Susan Forward, Le chantage affectif, éd. Marabout — pour repérer la culpabilité et les pressions qui poussent à s’effacer, et poser des limites.