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Deuil d’un proche : pourquoi la douleur est si intense et comment la traverser ?
Depuis qu’il ou elle n’est plus là, le sol s’est dérobé. La douleur vient par vagues, immenses, et entre deux, une peur sourde : comment vivre la suite sans cette personne ? Vous le dites parfois tout bas : « Depuis que j’ai perdu mon proche, la douleur et la peur de l’avenir sont si intenses que j’ai l’impression de me noyer. » Ce que vous traversez est l’une des épreuves les plus lourdes d’une vie — et rien en vous n’est cassé pour autant.
Si vous lisez ces lignes en plein chagrin, recevez d’abord de la douceur. Il n’y a pas de « bonne façon » de faire son deuil, pas de calendrier à respecter. Ce qui suit n’enlèvera rien à votre peine — rien ne le peut — mais peut-être vous aidera à moins vous sentir anormal dans ce que vous vivez, et à savoir vers quoi vous tourner.
Qu’est-ce que cette douleur si forte dit de mon lien avec cette personne ?
Parce que vous avez perdu quelqu’un qui comptait immensément, et que votre être tout entier le ressent. Le deuil est bien plus qu’une émotion passagère : c’est une rupture dans votre monde, dans vos repères, dans les gestes du quotidien qui étaient tissés avec l’autre. Chaque détail — une place vide à table, une odeur, une habitude — rappelle l’absence et ravive la vague. Cette intensité est simplement le reflet du lien qui vous unissait à cette personne.
Il y a une vérité simple derrière cette douleur : vous ne souffririez pas autant si vous n’aviez pas aimé autant. La peine est, en quelque sorte, l’autre visage de l’amour. Le comprendre ne supprime pas le chagrin, mais cela lui redonne un sens : celui du prolongement d’un attachement profond.
Est-il normal que je ressente autant de choses contradictoires ?
Oui, c’est même la règle plutôt que l’exception. Le deuil ne se limite pas à la tristesse : il charrie de la colère (contre le sort, les autres, parfois la personne partie), de la peur de l’avenir, de l’engourdissement, du manque, et parfois de la culpabilité ou un soulagement qui fait honte. Ces mouvements, même opposés, ne signalent rien d’anormal — ils sont les formes changeantes d’une même peine (Christophe Fauré, Vivre le deuil au jour le jour, Albin Michel).
Le piège serait de vouloir mettre de l’ordre dans tout cela, de décréter comment on « devrait » se sentir. Le chagrin n’obéit pas à un plan. L’accueillir tel qu’il vient — par vagues, en désordre — fatigue moins que de lutter contre lui. Vous n’avez pas à justifier ce que vous ressentez, ni à vous excuser d’un jour meilleur suivi d’un jour terrible.
Combien de temps vais-je avoir mal comme ça ?
Il n’existe pas de durée normale, et c’est important de le savoir pour ne pas s’ajouter la pression de « s’en remettre » à temps. Avec les semaines et les mois, l’intensité des vagues tend à s’espacer, mais le deuil ne disparaît pas selon un calendrier : il se transforme.
Une étude de référence du psychologue George Bonanno et ses collègues, menée auprès de personnes veuves suivies pendant dix-huit mois (Journal of Personality and Social Psychology, 2002), a montré qu’environ 46 % d’entre elles suivaient une trajectoire de résilience, retrouvant peu à peu un équilibre de vie. Comme l’écrivent la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross et David Kessler dans Sur le chagrin et le deuil : « La vérité, c’est que vous serez en deuil toute votre vie. Vous ne surmonterez jamais la perte d’un être cher, vous apprendrez à vivre avec. » On apprend, lentement, à vivre avec l’absence, à faire une place au souvenir sans que la douleur occupe tout.
Ce chemin se fait par petits pas, et rarement de façon linéaire : des périodes plus douces peuvent être suivies de rechutes, souvent déclenchées par une date, un lieu, une musique. C’est le rythme même du deuil. Avec le temps, la plupart des personnes retrouvent la capacité d’aimer la vie à nouveau, sans cesser d’aimer celui ou celle qui n’est plus là.
Comment continuer à vivre et à être là pour mes proches ?
En vous autorisant à recevoir autant qu’à donner. Si vous portez aussi la peine d’autres proches — des enfants, par exemple —, la tentation est de tout tenir pour eux en mettant votre propre chagrin de côté. Mais un cœur qui se néglige finit par s’épuiser. Prendre soin de vous, même un peu, c’est justement ce qui vous permet de rester là pour eux.
Concrètement, trois appuis aident à traverser. Laisser la peine s’exprimer plutôt que de la retenir, car ce qui est accueilli circule et s’apaise, tandis que ce qui est bloqué s’installe. S’entourer de présences sûres, et accepter l’aide proposée. Et garder des repères simples — manger, dormir, marcher un peu — qui soutiennent le corps pendant que le cœur encaisse.
En quoi l’hypnose et le travail sur les parties de soi peuvent m’accompagner ?
En offrant un espace où déposer un peu du poids, quand le chagrin submerge. L’hypnose installe un état de détente léger où le système nerveux, en alerte depuis la perte, peut enfin relâcher par moments — un répit qui ne trahit pas le défunt, mais qui aide à tenir. On apprend à porter l’absence sans y laisser toutes ses forces, en gardant le lien intact.
L’approche par les parties de soi aide à accueillir les différentes voix du deuil — celle qui pleure, celle qui se met en colère, celle qui a peur de l’avenir, celle qui culpabilise d’aller parfois un peu mieux. Leur faire une place, sans les juger, apaise le tumulte intérieur. Peu à peu, il devient possible de garder vivant le lien avec la personne aimée, tout en rouvrant la porte à la vie. C’est un accompagnement tout en douceur, que je propose au cabinet, à Lausanne, en complément des soutiens autour de vous. Si la douleur reste écrasante après de longs mois, ou si des idées noires apparaissent, il est important d’en parler sans tarder à votre médecin.
Pour aller plus loin
- Christophe Fauré, Vivre le deuil au jour le jour (Albin Michel, 2018) — une référence francophone, écrite par un psychiatre, pour traverser le deuil étape après étape.
- Elisabeth Kübler-Ross et David Kessler, Sur le chagrin et le deuil (JC Lattès, 2009) — sur les mouvements du deuil et la façon de les accueillir.
- Tara Brach, L’acceptation radicale (Belfond, 2016) — sur l’accueil de ce qui est, précieux quand la peine déborde.
Si le chagrin vous submerge et que vous aimeriez un espace pour souffler et vous sentir accompagné, on peut simplement en parler. Je vous propose, si vous le souhaitez, un échange téléphonique de 30 minutes, gratuit et sans engagement, pour faire connaissance et voir si mon approche peut vous aider. La ou les éventuelles séances se déroulent au cabinet, à Lausanne, dans un cadre confidentiel.