Pourquoi je ne me reconnais plus depuis que je change ?

Quelque chose a changé, et vous ne vous y retrouvez plus. Ce qui vous motivait hier vous laisse froide. Les rôles que vous teniez sans y penser sonnent faux. Au milieu de tout ça, une sensation vertigineuse : « Toutes mes anciennes motivations s’effondrent, j’ai l’impression de ne plus savoir qui je suis. » C’est déstabilisant, parfois terrifiant. Et pourtant, ce n’est peut-être pas un effondrement, mais un passage.

En bref — Quand on commence à aller mieux ou à changer en profondeur, les anciens repères — ces rôles qu’on s’était construits pour tenir — se mettent à tomber. On ne se reconnaît plus, et ce vide fait peur. Mais cette dissolution est souvent le signe qu’une version plus authentique de soi cherche à émerger. C’est la fin provisoire de qui vous avez dû être, pas la perte de qui vous êtes. Traverser ce passage, c’est laisser la vraie carte se redessiner.

Si vous vivez ce flottement, sachez d’abord que vous n’êtes pas en train de perdre la tête. Beaucoup de femmes que j’accompagne en hypnose à Lausanne traversent exactement cela quand elles avancent — ce moment déroutant où l’ancienne identité se défait avant que la nouvelle ne s’installe. Regardons ensemble pourquoi, et comment le traverser sans paniquer. (Si la question « qui suis-je, au fond ? » vous habite depuis toujours, cet autre article pourra vous parler : comment savoir qui je suis vraiment.)

Pourquoi mes anciennes motivations s’effondrent-elles d’un coup ?

Parce qu’elles reposaient souvent sur des rôles de survie, pas sur vos élans profonds. Très tôt, pour rester en lien et en sécurité, on apprend à devenir ce qu’il faut être : la forte, la serviable, la performante, celle qui ne dérange pas. Ces rôles deviennent des moteurs puissants — tant qu’on les prend pour soi-même.

Quand un travail intérieur s’amorce, ou qu’une épreuve rebat les cartes, ces anciens moteurs perdent leur carburant. Ce qui vous poussait — plaire, prouver, contrôler — cesse soudain de vous mobiliser. Votre énergie ne disparaît pas : une part de vous refuse désormais de courir pour des raisons qui n’étaient pas les vôtres.

Est-ce que je suis en train de craquer, ou de changer ?

Le plus souvent, de changer. La psychologie a un nom pour ce phénomène : la désintégration positive (Kazimierz Dąbrowski, 1964). L’idée est que certaines structures intérieures doivent se défaire pour qu’une organisation plus mûre et plus authentique prenne leur place. Ce qui ressemble à un effondrement est, vu de plus près, une réorganisation.

La différence avec le fait de « craquer » tient à la direction. Craquer, c’est s’effondrer vers moins de vie, sans horizon. Ce que vous vivez va plutôt vers plus de vérité, même si le chemin passe par l’inconfort. Un repère utile : au milieu du vertige, sentez-vous poindre, par moments, un soulagement discret à ne plus tenir certains rôles ? Ce petit oui est le signe que vous ne craquez pas — vous muez.

Pourquoi cette perte de repères me terrifie autant ?

Parce que l’ego — la partie de vous qui gère, anticipe et cherche la sécurité — tient à ses cartes. Il a mis des années à dresser un plan de « qui il faut être », et ce plan vous a protégée. Le voir se brouiller déclenche une alarme : sans repères connus, il croit le danger revenu, même quand vous êtes en sécurité.

C’est pourquoi cette phase s’accompagne souvent d’angoisse, d’irritabilité ou d’un besoin soudain de tout contrôler. C’est la réaction d’une partie effrayée qui n’a pas encore compris que la dissolution est voulue, bien plus qu’un recul. La rassurer, plutôt que lui obéir, change toute la traversée.

Ce vide est-il dangereux pour moi, ou fait-il partie du chemin ?

Ce vide fait partie du chemin, à condition de ne pas le combler en urgence. Entre l’ancienne identité qui se défait et la nouvelle qui n’est pas encore là, il existe un entre-deux inconfortable où l’on ne sait plus sur quoi s’appuyer. La tentation est de se jeter sur un nouveau rôle, une nouvelle passion, une nouvelle relation — pour fuir le vertige.

Or c’est précisément dans cet espace, quand on le laisse advenir sans le remplir aussitôt, que quelque chose de plus vrai peut se dire. Le Self — ce noyau qui, lui, n’a jamais oublié qui vous êtes — a besoin de place pour réécrire la carte. Accueillir le vide quelque temps, c’est faire de la place à ce qui veut naître, plutôt que de se perdre.

Comment traverser cette dissolution sans m’accrocher à l’ancien moi ?

En cessant de forcer une réponse immédiate à « Qui suis-je maintenant ? ». Trois appuis aident. D’abord, nommer ce qui se passe — « Je traverse un passage, mes anciens repères tombent, c’est normal ». Ensuite, revenir au corps et aux petits oui du présent : ce qui, là, maintenant, vous apaise ou vous attire vraiment, même modestement. Enfin, s’entourer de présences sûres qui n’ont pas besoin que vous soyez « comme avant ».

Il s’agit moins de reconstruire une identité à toute vitesse que de laisser émerger, indice après indice, ce qui est authentiquement vôtre. La nouvelle carte ne se décrète pas : elle se révèle, à mesure que vous accueillez vos ressentis au lieu de les juger. Ce qui semble aujourd’hui une perte de vous-même est, en vérité, le début d’une rencontre plus juste avec vous.

En quoi l’hypnose et le travail sur les parties de soi peuvent m’aider ?

En sécurisant la traversée pour que le vertige ne vous fasse pas rebrousser chemin. L’hypnose installe un état de détente léger où l’on peut habiter l’entre-deux sans panique — laisser les anciens repères retomber sans se jeter aussitôt sur de nouveaux. Dans ce calme, le sentiment d’être soi se recompose à son rythme, sans qu’on ait à le fabriquer de force.

L’approche par les parties de soi aide à rassurer la partie qui s’accroche à l’ancienne identité, tout en faisant de la place à ce qui émerge. On écoute la gardienne effrayée, on la remercie d’avoir tenu la carte si longtemps, et on lui montre qu’elle peut, maintenant, laisser le Self redessiner le chemin. Peu à peu, « Je ne sais plus qui je suis » se transforme en « Je commence à me découvrir ». C’est un travail tout en douceur, que je propose au cabinet, à Lausanne.

Pour aller plus loin

  • Tara Brach, L’acceptation radicale, éd. Belfond — sur l’accueil de ce qui est, précieux dans les passages de vide et d’incertitude.
  • Christophe André, Imparfaits, libres et heureux, éd. Odile Jacob — pour construire une estime de soi qui ne dépend plus des rôles.
  • Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur, éd. Odile Jacob — sur la capacité à se reconstruire autrement après une épreuve.

Si vous traversez ce moment où l’ancienne vous se défait et que vous aimeriez être accompagnée pour ne pas vous y perdre, on peut simplement en parler. Je vous propose, si vous le souhaitez, un échange téléphonique de 30 minutes, gratuit et sans engagement, pour faire connaissance et voir si mon approche peut vous aider. La ou les éventuelles séances se dérouleraient ensuite au cabinet, à Lausanne.

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