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Suis-je en train de devenir aigrie ?
Il y a eu un temps où vous donniez votre confiance facilement. Où vous attendiez le meilleur des gens, presque sans y penser. Et puis la vie vous a blessée, plusieurs fois, et quelque chose s’est refermé. Aujourd’hui, une petite voix répète tout bas : « Je n’attends plus rien de personne, comme ça je ne serai plus déçue. » Et parfois, une pensée plus dure encore vient vous serrer le cœur : « Est-ce que je suis en train de devenir quelqu’un d’aigri ? »
Si vous vous reconnaissez, c’est sans doute que c’est lourd à porter — cette méfiance de tous les instants, cette fatigue de se protéger sans arrêt. Et pourtant, cette carapace ne dit rien de mauvais sur vous. Elle raconte surtout que vous avez été blessée, souvent, et que vous avez trouvé un moyen de tenir debout. Devenir aigrie après avoir trop souffert, c’est le signe qu’une protection s’est installée toute seule, pour vous garder du mal. On va regarder ensemble, doucement, ce qu’elle protège — et comment retrouver un peu de douceur, sans jamais vous forcer à rien.
Pourquoi je n’attends plus rien de personne ?
Parce qu’attendre, c’est risquer d’être déçue encore. Quand l’espoir a été trahi assez de fois, une partie de vous prend une décision silencieuse : « On n’y croit plus, ça fera moins mal. » Ne plus rien attendre devient alors une façon de se mettre à l’abri. C’est logique, c’est humain, et cela vous a sans doute vraiment protégée à un moment.
Le souci, c’est que cette porte fermée ne trie pas. Elle bloque les nouvelles déceptions, mais elle bloque aussi les bonnes surprises, la tendresse, les gens qui, eux, seraient dignes de confiance. On se retrouve à l’abri, oui, mais un peu seule derrière la vitre. Beaucoup de femmes que j’accompagne en hypnose à Lausanne décrivent exactement cela : une fatigue de tout attendre du pire, et en même temps la nostalgie de la personne plus ouverte qu’elles étaient avant.
Est-ce que ma dureté fait de moi quelqu’un de mauvais ?
Non. Votre dureté est une armure, pas votre vraie nature. Sous elle, il reste une partie de vous très vivante, très sensible, qui a encore envie d’aimer et de croire. C’est justement parce que cette partie est restée tendre qu’une autre a jugé bon de l’entourer d’une carapace. On ne protège que ce qui compte.
Dans l’approche des parties de soi, on dirait que la partie qui se méfie n’est pas votre ennemie. Elle monte la garde devant une partie plus jeune, plus douce, celle qui a été touchée en plein cœur et qui n’a plus voulu revivre ça. Le cynisme, l’ironie mordante, le repli : ce sont ses armes. Elles font du bruit, elles fatiguent — d’abord vous. Mais au fond, leur seule mission, c’est que plus personne n’approche de la blessure.
Pourquoi je me dis que « les gens sont tous les mêmes » ?
Parce qu’une grande histoire sur le monde fait moins peur qu’une petite blessure précise. Se dire « On ne peut faire confiance à personne » ou « Les gens finissent toujours par décevoir », c’est se tenir juste à un pas de la douleur, sans jamais la toucher vraiment. C’est une armure de généralités. Elle protège du chagrin, mais elle enferme aussi.
Car en transformant une blessure en verdict sur le monde entier, on scelle toutes les sorties. Le monde devient petit, hostile, sans exception possible. Il n’y a plus rien à sentir, plus rien à espérer, juste une conclusion définitive. C’est confortable un temps. Mais c’est aussi une prison très étroite, où la vie n’entre plus. Et au fond de vous, vous le sentez : la blessure porte un visage précis, un moment précis, bien plus que « tout le monde » — à un moment précis, d’une manière que vous n’avez jamais oubliée.
Comment retrouver la vraie blessure sous mon amertume ?
En redescendant du général au précis. Au lieu de « Les hommes sont lâches », on cherche : quelle personne, quel jour, quelles paroles exactes ? Au lieu de « On m’abandonne toujours », on nomme le visage, le lieu, l’instant où votre cœur s’est serré. La blessure locale se traverse. Le verdict global, lui, ne fait que durcir.
C’est un mouvement délicat, parce qu’il demande de s’approcher de ce qui a fait mal, au lieu de s’en protéger par une grande phrase. Mais c’est aussi étrangement apaisant. Quand une femme passe de « Je n’ai plus confiance en personne » à « Je souffre encore de ce que cette personne-là m’a dit, ce soir-là », quelque chose se relâche. La colère contre le monde entier redevient un chagrin à taille humaine. Et un chagrin nommé, reconnu, peut enfin commencer à s’apaiser. Il ne s’agit pas d’excuser qui vous a blessée, mais de sortir la douleur de la brume, pour qu’elle cesse de contaminer tout le reste.
Est-ce que redevenir douce, c’est risquer de me faire blesser encore ?
Non, car retrouver de la douceur ne veut pas dire baisser toutes vos gardes devant n’importe qui. Cela veut dire protéger la partie tendre de vous intelligemment : choisir des personnes sûres, laisser la confiance se reconstruire lentement, à petits pas, avec ceux qui le méritent. La douceur revient dans un cadre, pas dans le vide.
Imaginez que la partie adulte de vous devienne la gardienne de la partie plus jeune, celle qui aime et qui espère. Son rôle n’est pas de l’enfermer, mais de veiller sur elle : de l’éloigner des relations où l’on vous rabaisse, de lui offrir des lieux et des gens où elle peut respirer sans se faire piétiner. Ainsi protégée, cette partie n’a plus besoin de s’endurcir. Elle peut de nouveau tendre les bras vers le monde, prudemment, quand c’est sûr. La confiance ne se force pas d’un coup. Elle se rebâtit, pierre après pierre, dans les bons endroits. Cette capacité à se reconstruire après les blessures porte un nom — la résilience — et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik en a montré toute la force (Un merveilleux malheur, Odile Jacob, 1999) : même très abîmée, une personne garde en elle de quoi se relever.
En quoi l’hypnose et le travail sur les parties de soi peuvent m’aider ?
En vous permettant de faire tout cela sans lutte. On ne cherche pas à casser la partie méfiante ou cynique — elle a de bonnes raisons d’être là, et la combattre ne ferait que la crisper davantage. On commence par la comprendre : de quoi vous a-t-elle protégée, tout ce temps ? Une fois qu’elle se sent entendue, elle accepte souvent de baisser un peu la garde, d’elle-même.
L’hypnose installe pour cela un état de détente léger, sans jamais forcer, sans faire remonter de souvenir de force. Dans ce calme, il devient possible de rejoindre en douceur la partie blessée sous l’armure, de lui offrir la présence qui lui a manqué. L’approche par les parties de soi aide à écouter chacune de ces voix intérieures avec bienveillance — celle qui se méfie, celle qui espère encore — et à les réconcilier. Peu à peu, la confiance revient toute seule, à votre rythme, parce que la partie qui montait la garde n’a plus autant à défendre. C’est un travail tout en douceur, que je propose au cabinet, à Lausanne.
Pour aller plus loin
- Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur, éd. Odile Jacob — sur la capacité à se reconstruire après des blessures profondes, avec finesse et espoir.
- Bessel van der Kolk, Le corps n’oublie rien, éd. Albin Michel — une référence sur la façon dont le corps garde la trace des blessures et réapprend, peu à peu, la sécurité.
- Christophe André, Imparfaits, libres et heureux : pratiques de l’estime de soi, éd. Odile Jacob — pour renouer avec une bienveillance envers soi quand la vie a laissé des traces.
- Jacques Salomé, Le courage d’être soi, éd. Pocket — sur le courage d’oser être soi-même et de communiquer en conscience, sans se renier.
Si vous vous reconnaissez dans cette carapace qui s’est installée sans que vous l’ayez choisie, et que vous aimeriez retrouver un peu de douceur pour vous, on peut simplement en parler. Je vous propose un échange téléphonique de 30 minutes, gratuit et sans engagement, pour faire connaissance et voir si mon approche vous parle et peut vous aider.