Besoin d'informations, conseils, rendez-vous : +41 21 552 05 21

Coincée dans ma vie : pourquoi je ne vois pas d’issue ?
Le matin, avant même d’ouvrir les yeux, la journée pèse déjà. Le travail qui vous use, l’appartement trop cher pour en changer, une famille qui prend toute la place, un compte en banque qui décide à votre place. Vous avez tourné le problème dans tous les sens, et la même phrase revient : « Je me sens coincée dans ma vie, je ne vois pas d’issue. » Se sentir coincée, c’est porter à la fois la situation et le reproche de ne pas en sortir. C’est souvent ce reproche qui épuise le plus.
Est-ce normal que je me sente coincée sans aucune bonne option ?
Oui. Il arrive qu’aucune option disponible ne soit bonne, seulement moins mauvaise qu’une autre. Choisir alors la moins coûteuse relève du bon sens. Le sentiment d’être coincée dit surtout que vos besoins et vos moyens du moment ne se rejoignent pas encore. Il parle de votre contexte autant que de vous.
Votre corps, lui, en paie le prix. Une mâchoire serrée le dimanche soir, un sommeil qui casse vers trois heures du matin, une envie de grignoter ou de faire défiler l’écran sans fin pour se calmer. Ces signes montrent l’effort que vous fournissez pour tenir, jour après jour.
Cette fatigue est plus répandue qu’on ne le croit. En Suisse, 30,3 % des personnes actives se sentent émotionnellement épuisées au travail, selon le Job Stress Index 2022 de Promotion Santé Suisse. Derrière ce chiffre, il y a des matins comme le vôtre.
Ces périodes où chaque porte semble fermée, je les accompagne au cabinet, à Lausanne, avec l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems, le travail avec les parties de soi).
Pourquoi je me sens coincée dans ma vie alors que je fais de mon mieux ?
Parce que faire de son mieux dans un cadre trop étroit laisse quand même à l’étroit. Quand une situation dure et qu’on ne peut pas la quitter, l’esprit cherche à la rendre supportable. Il prend alors des raccourcis qui soulagent sur le moment et qui, à la longue, enferment davantage.
Il y en a deux. Le premier embellit la situation : on se dit que ce n’est pas si dur, que tout le monde vit pareil. Le second retourne la faute contre soi : la situation serait normale, et c’est vous qui seriez trop fragile pour y faire face. Les deux protègent d’une réalité effrayante à regarder en face. Les deux coûtent cher.
Est-ce que je me raconte que tout va bien pour tenir le coup ?
Peut-être, et c’est une façon très humaine de survivre. Quand partir est impossible, embellir rend la journée vivable. Le chef qui crie devient « exigeant », la famille envahissante devient « très unie », et vous devenez celle qui est assez solide pour tout encaisser.
Cette histoire a une fonction : elle évite la honte d’avoir atterri là. Elle a aussi un revers. À force de répéter que tout va bien, on finit par ne plus voir le jour où une autre porte s’entrouvre : une offre d’emploi, un appartement qui se libère, une amie qui propose de l’aide. Tenir dans un cadre qui abîme est déjà un effort immense, et cette histoire vous y aide. Pour vous sentir de nouveau vivante, il faudra un jour regarder aussi la situation telle qu’elle est.
Pourquoi je me dis que c’est moi le problème ?
Parce qu’il paraît plus supportable d’être défaillante que d’être impuissante. Si le problème vient de vous, il reste un espoir de le régler en vous « réparant ». Le prix est lourd : une voix intérieure qui répète que n’importe qui d’autre serait heureuse à votre place.
Cette voix oublie le contexte. Elle compare votre façon de faire face à celle d’une personne imaginaire, qui vivrait la même chose sans fatigue ni colère. Brené Brown, qui étudie la honte, le résume ainsi : la honte a besoin de trois choses pour grandir, le secret, le silence et le jugement. Se dire en silence « Je suis nulle de ne pas y arriver » réunit les trois.
Un regard plus neutre change le ton. Celui d’une observatrice curieuse, qui constate sans juger : « Je réagis fortement à un environnement où l’on me crie dessus. » Si cette voix critique vous accompagne depuis longtemps, l’article sur le critique intérieur explore d’où elle vient, et celui sur la honte toxique ce qu’elle protège.
Est-ce que je manque de courage si je reste ?
Le courage est rarement ce qui manque. Ce qui retient, ce sont le plus souvent des limites bien réelles : de l’argent de côté, un soutien autour de soi, de l’énergie disponible, une solution de logement. Mettre ces manques sur le compte de la lâcheté ajoute une blessure à la difficulté.
La phrase « Si j’étais plus courageuse, je partirais » a l’air d’un coup de fouet. En pratique, elle épuise. Elle pousse soit à un départ précipité, sans filet, qui peut mettre dans une situation pire, soit au découragement, puisque le courage attendu ne vient pas. Remplacer cette question par une autre aide beaucoup : « Qu’est-ce qui me manque concrètement pour pouvoir partir ? » Cette question-là a des réponses. Une exception : si vous êtes en danger, partir vite, avec de l’aide, passe avant tout calcul.
Comment rester un temps sans me perdre ?
En nommant clairement le compromis que vous faites, au lieu de le subir. Rester les yeux ouverts, en sachant ce que cela vous coûte et pourquoi vous le choisissez pour l’instant, vous rend votre place : celle qui décide, même quand le choix est étroit.
Concrètement, cela peut tenir en quelques lignes, écrites pour vous seule. Ce que cette situation vous coûte : le sommeil, la patience, l’estime de vous. Pourquoi vous restez malgré tout : « Je garde ce poste six mois, le temps de mettre de l’argent de côté. » Les conditions qui vous permettront de partir : une somme, un appui, un diplôme, un logement. Ce que vous faites, chaque semaine, pour vous en rapprocher, même un petit pas.
Cette clarté protège de la honte, parce qu’un compromis assumé se regarde en face. Elle garde aussi l’œil ouvert sur le moment où les conditions seront réunies. Ce jour-là, la décision pèse beaucoup moins lourd, parce qu’elle a été préparée. Si la difficulté tient surtout à trancher entre rester et partir, l’article Rester ou partir ? Pourquoi je n’arrive pas à trancher prolonge ce point.
Et si rester me mettait en danger ?
Alors la question change de nature. Tout ce qui précède concerne des situations pénibles, usantes, injustes parfois, où rester un temps reste un choix possible. Si quelqu’un vous frappe, vous menace, contrôle votre argent ou vos sorties, votre sécurité passe avant tout le reste, et aucun compromis ne la vaut.
Si vous avez peur pour vous ou pour vos enfants, des professionnels peuvent vous aider à préparer une sortie en sécurité : les centres de consultation LAVI pour les victimes de violence, La Main Tendue au 143 pour parler à quelqu’un, et la police au 117 en cas d’urgence. Demander de l’aide fait partie des ressources qui rendent un départ possible.
Comment l’hypnose peut-elle m’aider quand je me sens coincée ?
En apaisant la honte qui s’ajoute à la situation, et en aidant votre corps à retrouver un peu d’air pendant que vous tenez. La situation extérieure reste à faire évoluer ; ce qui peut changer vite, c’est la façon dont vous la portez, et la clarté avec laquelle vous voyez vos options.
Dans un état de transe légère, où vous restez consciente et libre de parler ou d’arrêter à tout moment, il devient possible de rencontrer la partie de vous qui vous accuse, et celle qui embellit pour vous protéger. Toutes deux cherchent à vous aider à tenir. Les écouter peut permettre de relâcher une tension ancienne et de regarder la situation avec des yeux plus calmes. Concrètement, cela peut vouloir dire un sommeil moins haché, une voix intérieure qui accuse moins fort, et un peu plus d’énergie pour avancer vers vos conditions de sortie. Souvent, une seule séance suffit pour retrouver ce regard plus neutre sur vous-même.
Pour aller plus loin
Pour les particuliers concernés
- Brené Brown, Le pouvoir de la vulnérabilité : La vulnérabilité est une force qui peut transformer votre vie, éd. Guy Trédaniel, 2014 — sur la honte et ce qui l’apaise.
- Kristin Neff, S’aimer : Comment se réconcilier avec soi-même, éd. Belfond, 2013 — se parler avec bienveillance quand tout semble bloqué.
- Richard C. Schwartz, No Bad Parts : Healing Trauma and Restoring Wholeness with the Internal Family Systems Model, éd. Sounds True, 2021 — une introduction accessible aux parties de soi (en anglais).
Références professionnelles
- Paul Watzlawick, John Weakland & Richard Fisch, Changements : Paradoxes et psychothérapie, éd. Seuil (Points Essais), 1981 — sur les situations où les tentatives de solution entretiennent le blocage.
- Richard C. Schwartz & Martha Sweezy, Internal Family Systems Therapy, éd. Guilford Press, 2019 — la référence clinique du modèle (en anglais).
Retrouvez l’ensemble des ouvrages recommandés sur la page références bibliographiques.
Si vous le souhaitez, je vous propose un échange téléphonique de 30 minutes, gratuit et sans engagement, pour voir si mon approche peut vous aider. La ou les éventuelles séances se déroulent au cabinet, à Lausanne, dans un cadre confidentiel.