Besoin d'informations, conseils, rendez-vous : +41 21 552 05 21

Pourquoi il m’a trompée avec quelqu’un de moins bien que moi ?
Vous avez découvert qu’il voyait quelqu’un d’autre. Et au milieu de la douleur, une question revient, presque honteuse : « Elle ? Pourquoi elle ? » Moins belle, moins brillante, moins drôle, à vos yeux. Et cette autre phrase, que vous n’osez dire à personne : « Pourquoi il m’a trompée avec quelqu’un de moins bien que moi, alors que j’ai tout donné ? » Cette question tourne la nuit, au réveil. Elle fait mal deux fois : par la trahison, et par ce qu’elle semble dire de vous. Elle mérite une vraie réponse.
Pourquoi je me compare sans arrêt à elle ?
Parce que votre esprit cherche une explication, et la comparaison en offre une, simple et cruelle : si elle a été choisie, c’est qu’elle a quelque chose de plus. Cette logique soulage un instant, puisqu’elle donne un sens au chaos. Elle vous coûte ensuite très cher, car elle fait de vous la coupable.
Alors vous regardez ses photos, vous détaillez son visage, son métier, sa façon de s’habiller. Vous dressez des listes, vous vous mesurez point par point. Et chaque fois que vous vous trouvez « mieux » sur le papier, la douleur augmente au lieu de baisser, parce que la question devient insupportable : « Alors pourquoi ? »
Votre corps le vit aussi. Un poids sur la poitrine en ouvrant son profil, le ventre noué, les mains qui tremblent un peu, puis cet épuisement après une heure passée à scruter une inconnue. Cette fatigue montre à quel point vous cherchez à comprendre.
Au cabinet, à Lausanne, j’accompagne avec l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems, le travail avec les parties de soi) des personnes qui traversent ce genre de blessure.
Pourquoi il m’a trompée avec quelqu’un que je trouve moins bien ?
Je ne peux pas savoir ce qui s’est passé dans sa tête, et personne ne le peut à distance. Une piste existe : ce que l’on cherche dans une liaison parle souvent de soi. Être admiré sans conditions, se sentir fort, souffler loin des responsabilités. Ces critères ont peu à voir avec la beauté ou la réussite.
Dans un couple installé, il y a les factures, le travail, parfois les enfants, les tâches à partager, les désaccords à traverser. Vous le connaissez, vous voyez ses failles, vous lui demandez des choses. Une relation cachée peut offrir l’inverse : un regard qui admire, aucune exigence, aucune limite à respecter, une place où l’on se sent important sans effort. Une telle relation peut avoir moins à voir avec la personne en face qu’avec ce qu’elle lui permet d’éviter.
Ce mouvement survient parfois à un moment où celui qui trompe doute de lui : une carrière qui patine, l’âge qui pèse, un sentiment d’échec. Retrouver auprès de quelqu’un d’autre une position où l’on se sent plus grand peut alors apaiser, pour un temps, une insécurité qu’il ne regarde pas en face. Ce sont des hypothèses, à prendre comme telles : chaque histoire a sa propre logique.
Une étude publiée dans The Journal of Sex Research (Selterman et al., 2019) a interrogé 495 personnes ayant eu une liaison et a dégagé huit grandes motivations, parmi lesquelles la colère, le besoin de se sentir valorisé ou l’envie de nouveauté. Plusieurs de ces motivations tiennent à l’état intérieur de la personne infidèle ; d’autres touchent à la relation, comme la négligence ou le manque d’amour. Les auteurs en concluent qu’on ne peut pas expliquer une liaison par les seuls manques du couple.
Est-ce que c’est ma faute s’il est allé voir ailleurs ?
Un couple se construit à deux, ses difficultés aussi. La décision de tromper, elle, appartient à celui qui l’a prise. Il avait d’autres chemins possibles : parler, demander de l’aide, partir. Porter seule le poids de son choix revient à endosser une responsabilité qui reste la sienne.
Il se peut qu’il vous ait dit, une fois découvert, que vous étiez devenue distante, trop prise, moins attentive. Ces phrases s’impriment, et vous finissez par les répéter à sa place. Vous pouvez reconnaître ce qui n’allait plus entre vous sans accepter que ce soit la cause de sa liaison.
Esther Perel, thérapeute de couple, observe dans son livre Je t’aime, je te trompe que, parfois, celui qui cherche le regard d’un autre fuit moins son partenaire que la personne qu’il est devenu. Ce regard extérieur sert à se sentir à nouveau vivant, désiré, différent. Cette quête lui appartient.
Pourquoi j’imagine qu’avec elle, tout est plus beau ?
Parce que vous comparez votre quotidien, avec ses tensions et sa fatigue, à une histoire que vous ne voyez que de l’extérieur. Votre imagination lui prête les débuts enchantés que vous avez peut-être connus avec lui. Ce film-là, sans factures ni disputes, c’est votre peine qui le tourne.
Ces images reviennent en boucle, surtout le soir. Elle reçoit les attentions, l’enthousiasme, la version charmante de lui, pendant que vous gardiez la maison debout. Vous ne connaissez de leur histoire que ce que votre douleur en dessine.
Si ces images s’accompagnent d’insomnies, d’un besoin de tout vérifier ou d’une impression de devenir folle, l’article sur le trauma de trahison décrit ce que le corps traverse après une telle découverte.
Est-ce que ça veut dire que je ne vaux pas grand-chose ?
Votre valeur reste entière. Si son choix s’est porté sur quelqu’un que vous jugez moins bien, c’est sans doute le signe que ce choix suivait une autre logique que la vôtre : celle de ses besoins à lui, à ce moment-là.
La douleur reste là, et ce constat vous rend pourtant une chose précieuse : l’idée que cette histoire se jouait hors de tout concours.
Il est tentant, et très humain, de la rabaisser pour avoir un peu moins mal. Et elle a sa propre histoire, ses qualités, ses blessures, que vous ignorez. Vous n’avez aucun besoin de la diminuer pour retrouver votre place. Sortir de la comparaison, dans un sens comme dans l’autre, vous apaise davantage que de la gagner.
Votre valeur tient à ce que vous êtes, à ce que vous offrez, à la façon dont vous aimez. Elle existait avant lui et elle existe encore, même si, pour l’instant, vous avez du mal à la sentir.
Pourquoi cette comparaison me fait-elle aussi mal ?
Parce qu’elle touche souvent une blessure plus ancienne que cette relation : la peur de ne pas être assez. Si, enfant, vous avez eu l’impression de devoir mériter l’attention, d’être comparée ou de passer après les autres, la trahison réveille cette vieille question et lui donne une preuve apparente.
Dans l’approche IFS, développée par Richard Schwartz, on parlerait d’une partie de vous qui compare et qui juge. Elle croit vous protéger : si elle trouve ce qui cloche chez vous, vous pourrez le réparer et éviter d’être abandonnée à nouveau. Cette partie travaille dur, avec les moyens qu’elle a appris. Elle mérite d’être comprise, puis soulagée d’une mission qui vous épuise.
Ce besoin de se sentir choisie pour exister se retrouve au cœur de la dépendance affective, et rejoint ce que décrit l’article sur le besoin de validation.
Comment l’hypnose peut-elle m’aider à sortir de cette comparaison ?
En s’adressant à la partie de vous qui compare, là où les raisonnements n’arrivent pas. Vous savez peut-être déjà, avec la tête, que son choix ne vous définit pas. L’hypnose ericksonienne aide ce savoir à rejoindre l’endroit où la blessure se réveille, dans le corps comme dans les pensées.
Dans un état de transe légère, où vous restez consciente et libre de parler ou d’arrêter à tout moment, vous pouvez rencontrer cette partie qui se mesure aux autres, entendre ce qu’elle redoute et lui montrer que vous êtes aujourd’hui une adulte qui n’a plus à concourir pour être aimée. La tension dans la poitrine peut alors se relâcher. Souvent, une seule séance suffit pour que cette partie qui compare relâche sa prise. La peine de la trahison, elle, suit son propre chemin.
Ce que vous déciderez ensuite pour votre couple, rester, partir ou prendre le temps, vous revient entièrement. Mon rôle est de vous aider à choisir plus apaisée, sans que la comparaison parle à votre place.
Pour aller plus loin
Pour les particuliers concernés
- Kristin Neff, S’aimer : Comment se réconcilier avec soi-même, éd. Belfond, 2013 — pour remplacer la comparaison par une bienveillance envers soi qui ne dépend pas d’un classement.
- Brené Brown, Le pouvoir de la vulnérabilité : La vulnérabilité est une force qui peut transformer votre vie, éd. Guy Trédaniel, 2014 — pour comprendre la honte qui accompagne souvent la trahison.
Références professionnelles
- Richard C. Schwartz, Système familial intérieur : blessures et guérison, éd. Elsevier Masson, 2009 — le modèle IFS et le travail avec les parties protectrices.
- Patrick Carnes, The Betrayal Bond : Breaking Free of Exploitive Relationships, éd. Health Communications, 2019 — sur les liens qui survivent à la trahison (en anglais).
- Pia Mellody et al., Facing Codependence : What It Is, Where It Comes from, How It Sabotages Our Lives, éd. HarperOne, 2003 — sur l’habitude de chercher sa valeur dans le regard de l’autre (en anglais).
Retrouvez l’ensemble des ouvrages recommandés sur la page références bibliographiques.
Si vous le souhaitez, je vous propose un échange téléphonique de 30 minutes, gratuit et sans engagement, pour voir si mon approche peut vous aider. La ou les éventuelles séances se déroulent au cabinet, à Lausanne, dans un cadre confidentiel.