Besoin d'informations, conseils, rendez-vous : +41 21 552 05 21

Vous vous en voulez tout le temps ? Ce que l’auto-blâme dit vraiment de vous
Vous vous en voulez constamment ? L'auto-blâme et la haine de soi sont souvent des séquelles du trauma d'enfance. Découvrez ce qui se cache derrière — et comment l'hypnothérapie peut aider.
Vous faites une erreur banale — et pendant des heures, vous vous dites que vous n’êtes pas à la hauteur.
Quelqu’un dans votre entourage souffre — et vous vous demandez pourquoi vous n’avez pas réussi à l’aider davantage.
Vous commencez quelque chose de nouveau — et avant même d’avoir eu le temps d’apprendre, une voix intérieure vous dit que vous n’êtes pas assez bien.
Ce n’est pas de la lucidité. Ce n’est pas de l’humilité. C’est de l’auto-blâme. Et il a une origine précise.
Comment reconnaître que je m’en veux de manière disproportionnée ?
L’auto-blâme déguisé en lucidité revient sans cesse : un mot mal dit en réunion qui devient une rumination qui dure des heures, une déception légère vécue comme une faute. Ce n’est plus de l’autocritique constructive — c’est une voix qui juge en continu.
L’auto-blâme : les signes que vous vous en voulez trop
L’auto-blâme ne prend pas toujours la forme d’une autocritique évidente. Il se glisse dans les gestes du quotidien.
Patrick Teahan, thérapeute clinicien LICSW et spécialiste du trauma de l’enfance, identifie plusieurs manifestations concrètes :
Vous vous blâmez de ne pas être immédiatement excellente. Nouveau poste, nouvelle activité — si vous n’êtes pas parfaite dès le départ, vous concluez que vous êtes un échec.
Vous vous sentez responsable des émotions des autres. Quand quelqu’un souffre à côté de vous, vous vous demandez ce que vous auriez pu faire de mieux. Comme si leur douleur était votre faute.
Vous ruminez des maladresses vieilles de dix ans. Une phrase de travers au lycée. Un mot mal choisi en soirée. Cela revient la nuit, net, cuisant.
Vos propres besoins vous semblent un fardeau. Avoir faim, avoir besoin d’aide, ressentir de la solitude — autant de preuves, croyez-vous, que vous êtes trop exigeante, trop fragile, trop quelque chose.
Si vous vous reconnaissez dans l’un de ces exemples, ce que vous vivez n’est pas une faiblesse de caractère. C’est le symptôme d’une blessure ancienne.
Pourquoi est-ce qu’on s’en veut autant après un choc émotionnel de l’enfance ?
Pour un enfant, se sentir coupable est paradoxalement plus tolérable que de voir que les adultes censés le protéger ont failli. La culpabilité préserve l’image du parent — au prix d’une honte qui s’installe à l’intérieur. Cette mathématique-là continue de tourner, longtemps après.
Pourquoi vous vous en voulez autant : la mathématique émotionnelle du choc précoce
Un choc émotionnel vécu enfant laisse une trace dans la perception. Pas dans la mémoire consciente — dans la logique émotionnelle profonde. Et cette trace est plus fréquente qu’on ne le croit : dans la grande étude de Vincent Felitti et Robert Anda sur les expériences adverses de l’enfance (Adverse Childhood Experiences Study, publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine en 1998, sur plus de 17 000 adultes), près de deux tiers des participants rapportaient au moins une expérience difficile marquante avant l’âge adulte. Vous n’êtes donc ni un cas isolé, ni « trop sensible ».
Teahan appelle cela la « mathématique émotionnelle » : une équation que l’enfant construit pour expliquer ce qui lui arrive.
J’ai besoin d’un câlin + maman soupire = je suis un fardeau.
Conflit à la maison + mes parents se disputent = c’est à cause de moi.
Je n’arrive pas à rendre maman heureuse = je suis mauvaise.
Cette mathématique n’est pas irrationnelle pour un enfant. Elle est la seule logique disponible. Aucun adulte apaisé n’est là pour corriger l’équation, pour dire : « Ce n’est pas toi le problème — c’est la situation. »
Alors le calcul se renforce. Il se grave.
Il y a trois grandes sources de ce mécanisme :
L’absence de cadre de référence. L’enfant n’a personne pour lui montrer que ses besoins sont légitimes, que ses erreurs sont humaines, que la souffrance d’un parent ne lui appartient pas.
La négligence directe ou indirecte. Soit une critique sans soutien (« tu n’as pas de bon sens, pourquoi tu n’es pas comme les autres ? »), soit une invisibilité totale — personne ne s’intéresse à ce que vous aimez, à ce que vous ressentez. Dans les deux cas, l’enfant conclut : je dois être insuffisante.
Les rôles familiaux qui pèsent. Si vous étiez le bouc émissaire, vous avez appris à vous critiquer vous-même pour anticiper le reproche. Si vous étiez l’enfant parfait, vous avez compris que votre valeur dépendait exclusivement de vos performances. Dans les deux cas, vous avez grandi sans amour inconditionnel.
Et cette équation — vous l’avez emportée dans l’âge adulte. Elle continue de tourner. En silence.
Quelle part de moi tient ce procès intérieur ?
Une part — souvent très jeune — a décidé : « Si je trouve d’avance ce qui ne va pas chez moi, l’autre ne pourra pas me l’apprendre brutalement ». Cette part veille encore. La rencontrer, c’est commencer à la remercier — pas la combattre.
L’auto-blâme comme mécanisme de survie : la partie qui vous a protégée
Voilà ce que peu de personnes savent. Et c’est peut-être la chose la plus importante de cet article.
L’auto-blâme n’est pas une erreur de votre personnalité. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une protection.
Pour un enfant dans un foyer où l’on se sent en danger, s’en vouloir est une manière de rester petit, de rester en sécurité. L’alternative — reconnaître pleinement que le parent censé vous aimer n’était pas un abri fiable — serait insupportable. Trop lourd à porter.
Alors l’enfant dit : « C’est moi le problème. » Et en se désignant coupable, il conserve l’illusion d’un certain contrôle. Si c’est ma faute, peut-être que je peux arranger les choses.
Teahan formule cette dynamique ainsi : désigner sa propre mauvaise conduite met toute la pression sur soi — et c’était la seule forme de pouvoir disponible sur une situation qui, elle, ne l’était pas.
En IFS — l’approche des Systèmes Familiaux Internes développée par Richard Schwartz, que j’utilise en séance — cette dynamique offre une grille de lecture précieuse pour donner du sens à ce qui se joue en nous : ce que Schwartz nomme une partie critique. C’est la partie de vous qui se juge, se blâme, se flagelle. Dans cette lecture, elle n’est pas votre ennemie. Elle est un protecteur, organisé suite à vos expériences passées. Elle a appris à vous critiquer en premier — avant que les autres ne le fassent.
Richard Schwartz résume ainsi le cœur de son approche : « Il n’existe pas de mauvaises parties. Chaque partie a une bonne intention pour vous. » (Richard Schwartz, No Bad Parts, 2021). Même la voix qui vous accable a, à l’origine, tenté de vous garder en sécurité.
Elle est épuisante. Et elle mérite d’être reconnue, pas combattue.
L’objectif n’est pas de faire taire cette voix. C’est de lui permettre de déposer le rôle qu’on lui a imposé. De lui montrer, doucement, que vous n’avez plus besoin de cette protection-là.
Comment l’hypnose ericksonienne désamorce-t-elle l’auto-blâme ?
L’hypnose ericksonienne propose au système nerveux une expérience de bienveillance qui n’a pas besoin d’être méritée. Quand cette expérience se répète, la voix qui juge se relâche — pas parce qu’on l’a réduite au silence, mais parce qu’elle n’a plus rien à protéger.
Comment l’hypnothérapie peut aider
L’auto-blâme ne se résout pas avec de la volonté. Pas avec de la pensée positive. Pas avec des techniques de surface.
Il se relâche quand la blessure profonde est enfin touchée avec douceur.
Avec l’hypnose ericksonienne, nous travaillons directement avec ces parties — cette mathématique émotionnelle installée avant même que vous ayez les mots pour la décrire. En favorisant l’apparition d’une transe légère — un état léger de conscience —, on peut accéder plus facilement à l’état intérieur de l’enfant que vous étiez, et y introduire quelque chose de nouveau : une présence bienveillante, une réécriture douce de l’équation.
Combinée à l’approche IFS, cette démarche permet d’engager un dialogue avec la partie critique — non pas pour l’éliminer, mais pour comprendre ce qu’elle a tenté de faire pour vous, et lui proposer un rôle différent.
Il ne s’agit pas de revivre le passé. Il s’agit de le traverser autrement, depuis un état de sécurité intérieure.
Les résultats varient selon les personnes, et je ne promets rien à l’avance. Souvent, une seule séance suffit à amorcer le déclic ; parfois, il faut quelques rencontres — rarement plus de trois. Ce que je peux vous dire : l’auto-blâme n’est pas une fatalité. Et il existe une voie pour en sortir.
Si vous traversez une période de haine de soi intense ou de pensées très sombres, sachez que vous pouvez contacter La Main Tendue au 143, disponible 24h/24.
Questions fréquentes
L’auto-blâme est-il toujours lié à un choc émotionnel de l’enfance ?
Pas nécessairement au sens clinique du terme. Mais une critique répétée, une négligence émotionnelle, une pression de performance constante — même sans violence explicite — suffisent à installer cette mathématique émotionnelle. Si vous vous reconnaissez dans les exemples de cet article, il y a de bonnes chances qu’une blessure ancienne soit à l’origine.
Est-ce que vouloir s’améliorer, c’est de l’auto-blâme ?
Non. L’autocritique saine reste proportionnelle à l’erreur et permet d’avancer. L’auto-blâme, lui, est disproportionné, permanent, et ramène toujours au même lieu : je ne suis pas assez bien. Ce n’est pas de la rigueur — c’est une blessure qui parle.
Combien de séances faut-il pour travailler sur l’auto-blâme ?
Difficile de donner un chiffre universel, car chaque histoire est unique. Souvent, une seule séance suffit à créer le déclic ; rarement plus de trois. Avant de commencer, je vous propose un entretien téléphonique gratuit de 30 minutes, pour évaluer ensemble ce qui serait le plus adapté à votre situation.
Conclusion
Si vous vous en voulez trop, depuis trop longtemps — sachez que cette voix intérieure n’est pas la vérité sur vous.
C’est une protection. Une survivante. Une partie de vous qui a fait du mieux qu’elle pouvait dans une situation impossible.
Elle mérite d’être entendue. Pas de diriger votre vie.
Peut-être qu’ensemble, si mon approche vous convient, nous pourrions commencer à lui rendre ce qui lui pèse. Un entretien téléphonique gratuit de 30 minutes permet, sans pression, de faire connaissance et de voir si une collaboration vous serait utile.
Prendre rendez-vous sur OneDoc
Pourquoi je me sens coupable de choses dont je ne suis pas responsable ?
Parce qu’enfant, vous vous viviez comme le centre de tout. Cela est normal à cet âge : le tout-petit ne sait pas encore que les adultes ont leur propre monde, leurs limites, leurs blessures. Alors quand un parent est absent, fâché ou débordé, l’enfant en conclut la seule chose qu’il peut conclure : « C’est moi ».
Cette manière de penser porte un nom chez les spécialistes du développement : la pensée égocentrée de l’enfance. Le mot n’a rien de péjoratif. Il décrit simplement une étape : avant un certain âge, l’enfant rapporte tout à lui-même, parce qu’il n’a pas encore les outils mentaux pour faire autrement. Si maman pleure, c’est qu’il a fait quelque chose. Si papa rentre tendu et claque la porte, c’est forcément lié à lui.
Le problème surgit quand l’environnement va mal. Un enfant qui grandit là où l’on crie, où l’on néglige, où l’on disparaît émotionnellement, n’a aucun adulte pour lui dire la vérité : « Ce n’est pas toi, c’est la situation ». Faute de cette voix, il garde la seule explication disponible — la sienne. Et il se range du côté du tort.
Il y a là une chose qui paraît contre-intuitive. Se sentir coupable était, pour l’enfant, plus supportable que l’alternative. Si c’était sa faute, alors il gardait un peu de pouvoir : peut-être qu’en étant plus sage, plus discret, plus parfait, il pourrait arranger les choses. Reconnaître l’inverse — « je suis impuissant face à des adultes qui ne sont pas fiables » — était bien trop lourd à porter pour de si petites épaules.
Le souci, c’est que ce réflexe ne s’éteint pas tout seul en grandissant. Devenue adulte, vous appliquez encore cette ancienne équation à des situations qui ne vous appartiennent pas : la mauvaise humeur d’un collègue, le silence d’une amie, un projet qui coince. Une partie de vous, restée jeune, continue de lever la main et de dire « ce doit être moi ». Avec l’hypnose ericksonienne et le travail sur les parties de soi (IFS), on peut aller à la rencontre de cette partie enfantine — non pour la corriger, mais pour la rassurer enfin, et lui apprendre qu’elle n’a plus à porter un blâme qui n’a jamais été le sien.
Pour aller plus loin
Pour les particuliers concernés
- Elaine N. Aron, Hypersensibles (Marabout, 2013).
- Valérie Beaufort, Se libérer de la blessure d’abandon (En Quête du Bonheur, 2018).
- Leslie Cameron-Bandler & Michael Lebeau, Au Cœur des Émotions (La Tempérance).
- Yves-Alexandre Thalmann, Au diable la culpabilité ! (Jouvence, 2014).
- Connirae & Tamara Andreas, Au Cœur de la Transformation (La Tempérance, 2014).
- Therapy in a Nutshell, Healing Trauma : Polyvagal Theory in Action.
- Patrick Teahan, Inner Child Work for CPTSD.
- Tim Fletcher, Complex Trauma : What is It?.
- The School of Life, How to Heal from a Bad Childhood.
Références professionnelles
- Janina Fisher, Healing the Fragmented Selves of Trauma Survivors (Routledge, 2017).
- Olivier Piedfort-Marin & Luise Reddemann, Psychothérapie des traumatismes complexes (Satas, 2016).
- Suzette Boon et al., Apprendre à vivre avec les troubles dissociatifs (De Boeck Supérieur).
- Gérald Brassine & Nadia Tonglet, Surmonter le traumatisme (Satas – Le Germe, 2017).
- Philippe Gardette, Le renforcement du Moi en hypnose (Satas – Le Germe, 2020).
→ Voir aussi la page Références — Traumatisme.
Si vous reconnaissez ce que je viens de décrire, je vous propose un premier entretien téléphonique de trente minutes, gratuit, pour qu’on regarde ensemble si le cadre vous convient. C’est au cabinet à Lausanne, avec l’hypnose ericksonienne, en présentiel, parce que ce travail-là demande la présence du corps.