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Joie volée par la relation narcissique : comment la retrouver
Il y a des matins où vous regardez la lumière entrer par la fenêtre et vous vous demandez : quand est-ce que j’ai arrêté de ressentir ça ?
Pas la douleur. La joie.
Vous vous souvenez encore de la femme que vous étiez. Celle qui riait fort, qui avait des projets, des rituels, des amis. Celle pour qui une randonnée du dimanche matin ou une soirée à lire suffisait à recharger les batteries. Cette femme existe encore quelque part — mais elle s’est tue. Progressivement. Presque sans que vous vous en rendiez compte.
C’est l’un des effets les plus insidieux d’une relation narcissique : elle ne vous prend pas votre joie d’un coup. Elle l’effrite, millimètre par millimètre, jusqu’à ce que vous ne sachiez plus bien ce qui vous faisait vibrer.
La joie comme terrain de contrôle
Dans une relation avec une personnalité narcissique, tout ce qui vous appartient — vos émotions, vos intérêts, votre attention — devient un territoire à coloniser.
La joie, en particulier, représente une menace. Pourquoi ? Parce qu’elle est la vôtre. Elle ne passe pas par l’autre. Elle ne lui demande pas sa permission. Et dans l’architecture d’une relation narcissique, rien n’est supportable autant que votre autonomie émotionnelle.
Pensez aux petites choses que vous avez abandonnées. Le cours de peinture du mercredi soir. Les sorties avec vos amies. La série que vous regardiez le samedi après-midi. Le livre de chevet qui ne s’ouvre plus. À chaque fois, il y avait une remarque, un soupir, une sulkiness qui rendait l’expérience trop coûteuse.
"Tes amies te sont plus importantes que moi."
"Combien ça va encore coûter, ce nouveau projet ?"
"Tu es tellement égoïste quand tu es comme ça."
Ce ne sont pas des phrases anodines. Ce sont des outils d’extinction — des signaux répétés qui associent votre joie à la culpabilité, au conflit, à l’effort.
Le mécanisme d’érosion : étape par étape
Ce processus ne se produit jamais franchement. Il est graduel, et c’est précisément pour cela qu’il est si efficace.
1. Le commentaire qui tue dans l’œuf
Vous rentrez enthousiaste d’une sortie. Vous voulez partager ce moment. La réponse : un regard vide, un haussement d’épaules, ou pire — un commentaire qui dégonfle tout. "C’est quoi le grand drame ? C’est juste un coucher de soleil."
Vous apprenez que partager votre joie avec cette personne ne mène nulle part. Alors vous commencez à garder les choses pour vous. Puis, sans vous en rendre compte, vous commencez à ne plus les chercher.
2. L’empoisonnement de l’anticipation
Avant même de vivre un moment joyeux, vous savez qu’il y aura un prix à payer. La fête d’anniversaire de votre meilleure amie où il boudait dans le coin. Les réunions de famille où vous passiez la moitié du temps à gérer son humeur. Vous commencez à refuser les invitations. Non pas parce que vous n’en avez plus envie — mais parce que le jeu n’en vaut pas la chandelle.
3. L’abandon progressif de soi
C’est là que le glissement devient profond. Vous ne vous battez plus pour vos centres d’intérêt. Vous ne dites plus "j’adore ce truc". Vous avez intégré que l’expression de votre vitalité est une source de friction. Et pour maintenir une paix précaire, vous vous êtes rétrécie.
Ce rétrécissement n’est pas une faiblesse. C’est une réponse adaptative à un environnement émotionnellement dangereux. Votre système nerveux a appris à vous protéger en éteignant ce qui attirait l’attaque.
Ce que vous avez perdu sans vous en rendre compte
La joie n’est pas un luxe. C’est un signal vital.
Elle vous dit que vous êtes présente. Que vous êtes vous. Qu’il y a un moi qui existe indépendamment des autres.
Quand elle disparaît, ce n’est pas seulement la bonne humeur qui s’en va. C’est la cohérence interne — ce fil invisible qui relie vos actions à vos valeurs, vos élans à votre identité. Vous fonctionnez encore. Vous vous levez, vous travaillez, vous gérez. Mais vous vous sentez creuse.
Cette expérience de creux, d’épuisement chronique, de vide qui résiste — c’est souvent le premier signe que quelque chose de plus profond s’est fracturé.
La voie de retour : retrouver ce qui a été effacé
Retrouver sa joie après une relation narcissique n’est pas une question de volonté ou d’optimisme. C’est un travail de reconstitution — lent, exigeant, et qui se passe loin de la surface.
Première étape : nommer ce qui a disparu
Avant de chercher à retrouver, il faut accepter de regarder ce qui manque. Qu’est-ce qui vous donnait de la joie avant cette relation ? Avec qui ? Dans quels endroits ? À quel rythme ?
Ce travail peut se faire par l’écriture, par la conversation avec une thérapeute, par une simple liste dans un carnet. L’objectif n’est pas de pleurer ce qui est perdu — c’est de le reconnaître. Ce qui a nom peut commencer à revenir.
Deuxième étape : réintégrer les petits moments
La joie ne revient pas en bloc. Elle revient par fragments.
Un café bu lentement en regardant la pluie. Un film qui vous fait rire aux larmes. Une marche dans un quartier inconnu. Ces moments semblent presque anodins — mais ils font quelque chose de réel. Ils réactivent des circuits internes qui ont été mis en veille.
Si la personne narcissique est encore dans votre vie, apprenez à garder ces moments pour vous. Ils n’ont pas à être partagés. Ils n’ont pas à être validés. Ce sont vos moments, et cette discrétion est une forme de protection de soi.
Troisième étape : traiter ce qui s’est figé en profondeur
Parfois, le travail de surface ne suffit pas. La joie ne revient pas parce que le système nerveux est encore en mode défense. Parce que les messages intégrés — "tu es égoïste", "tu ne mérites pas ça", "ta joie dérange" — fonctionnent toujours en arrière-plan, comme un programme tournant silencieusement.
C’est là qu’intervient un travail thérapeutique plus profond.
Comment l’hypnose ericksonienne et l’IFS peuvent aider
En tant qu’hypnothérapeute travaillant avec des clientes qui ont traversé des relations destructrices, ce que j’observe fréquemment, c’est ceci : le problème n’est pas un manque de volonté. C’est un système de protection devenu trop rigide.
Ces protections se sont mises en place pour de bonnes raisons — survivre dans un environnement où l’expression de soi était dangereuse. Elles ont fait leur travail. Mais aujourd’hui, elles bloquent le retour à la vitalité.
L’hypnose ericksonienne permet d’accéder à ces couches plus profondes sans confrontation directe. En état de relaxation profonde, l’inconscient est disponible pour recevoir de nouvelles expériences — la sécurité, le droit à la joie, la légitimité de ses propres désirs. Ce n’est pas de la suggestion magique. C’est une rééducation douce du système émotionnel.
L’approche IFS (Internal Family Systems) complète ce travail en aidant à identifier les "parties" internes qui résistent au retour de la joie. La partie critique qui dit "c’est égoïste". La partie prudente qui dit "ne te montre pas". La partie épuisée qui a renoncé. Dans une relation de confiance avec ces parties, on peut les remercier pour leur travail de protection — et graduellement leur montrer qu’elles n’ont plus à porter seules le poids.
Le chemin n’est pas linéaire. Il demande du temps, de la douceur, et souvent du soutien. Mais ce qui a été effacé peut être réécrit.
Ce n’est pas de la nostalgie — c’est une reconquête
La femme que vous étiez avant n’a pas disparu. Elle s’est mise à l’abri.
Retrouver sa joie après une relation narcissique, c’est aller la chercher là où elle se cache — dans des couches de protection, sous des mois ou des années de silence imposé. C’est un acte de courage tranquille. Et dans certaines situations, quand la relation est encore présente, c’est presque un acte de résistance.
Vous avez le droit de vous souvenir de ce qui vous fait vibrer. Vous avez le droit de recommencer.
Vous reconnaissez-vous dans ce texte ?
Si la relation narcissique épuisement que vous vivez vous a coupée de vous-même, vous n’êtes pas seule. Beaucoup de clientes avec qui je travaille arrivent avec exactement ce sentiment : elles fonctionnent, mais elles ne vivent plus vraiment.
La première étape, c’est simplement d’en parler — sans jugement, sans pression.
Je propose un entretien téléphonique gratuit de 30 minutes pour comprendre où vous en êtes et voir si un accompagnement par l’hypnose ericksonienne et l’IFS peut vous convenir.
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Cabinet à Lausanne. Séances en présentiel uniquement.