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Boucle d’évitement : pourquoi j’annule tout à la dernière minute alors que ça m’angoisse davantage ?
Vous vous êtes déjà surprise à annuler un rendez-vous une heure avant, avec un mélange de soulagement immédiat et, très vite, de reproche ? Vous vous dites : « J’annule à la dernière minute et après je m’en veux, et ça empire à chaque fois. » Cette contradiction est épuisante. Et surtout, elle vous laisse penser que quelque chose ne tourne pas rond chez vous. Or rien n’est cassé chez vous. Vous avez simplement mis en place une manière de vous protéger qui, sans que vous le vouliez, entretient l’anxiété qu’elle cherchait à calmer. C’est ce qu’on appelle la boucle d’évitement, et elle est beaucoup plus fréquente que vous ne l’imaginez.
Pourquoi éviter me soulage sur le moment mais me fait plus peur ensuite ?
Parce que le soulagement immédiat de l’évitement agit comme une récompense : votre cerveau retient que fuir a fait baisser la tension, et il vous poussera à recommencer. Chaque fuite renforce donc l’idée que la situation était bien dangereuse.
Imaginez un instant. Vous devez rappeler quelqu’un, prendre la parole en réunion, aller à cette soirée. L’angoisse monte. Vous renoncez. Immédiatement, la pression retombe, et ce relâchement est réel, franchement agréable. Le problème, c’est que quelque chose en vous vient d’apprendre une leçon trompeuse : « J’ai eu raison d’éviter, c’était vraiment risqué. » La prochaine fois, l’alarme sonnera encore plus fort, encore plus tôt. La boucle d’évitement se resserre à chaque tour. Votre cerveau applique là un mécanisme d’apprentissage qui fonctionne parfaitement bien, mais dans le mauvais sens. Rien à voir avec de la faiblesse.
Est-ce que ça veut dire que quelque chose ne va pas chez moi ?
Non. Éviter ce qui fait peur est l’une des réactions les plus humaines et les plus anciennes qui soient. Votre système nerveux fait son travail : il vous éloigne d’un danger qu’il croit réel. C’est une stratégie naturelle, et vous êtes loin d’être seule à vivre ça.
En Suisse, 18 % de la population déclarait une détresse psychologique moyenne ou élevée en 2022, contre 15 % cinq ans plus tôt, selon l’Enquête suisse sur la santé de l’Office fédéral de la statistique. Ce mal-être ne se voit pas de l’extérieur, et c’est bien ce qui isole. Beaucoup de femmes que j’accompagne en hypnose à Lausanne arrivent avec cette honte en bandoulière. Elles se croient lâches, capricieuses, incapables. En réalité, elles ont juste un système d’alarme un peu trop sensible, souvent façonné par des expériences anciennes où se protéger était nécessaire. Votre valeur reste entière. La vraie difficulté, c’est qu’une stratégie qui vous a peut-être aidée un jour vous coûte cher aujourd’hui.
Pourquoi est-ce que je finis par recréer exactement ce que je fuis ?
Parce que la manière même dont vous évitez une émotion finit parfois par la nourrir. En fuyant l’inconfort, on met en place, sans le vouloir, des comportements qui font advenir le scénario redouté. C’est le tour le plus déroutant de la boucle.
Prenez la peur du jugement. Pour ne pas la sentir, on repousse un appel, on annule une soirée, on se met en retrait. Et à force de se tenir à distance, on se retrouve seule, isolée, ce qu’on redoutait justement. La peur de l’échec, elle, pousse à ne rien tenter, ce qui garantit de ne jamais réussir. L’émotion qu’on refuse trouve le chemin de la porte de service. Réprimer un ressenti demande aussi un effort physique constant : on se crispe, on serre les mâchoires, on retient son souffle. Cette tension permanente est fatigante, et elle ne fait pas disparaître l’émotion, elle la met sous pression.
Pourquoi est-ce que comprendre tout ça ne suffit pas à me libérer ?
Parce que l’anxiété ne vit pas dans les idées, elle vit dans le corps. Vous pouvez très bien comprendre votre schéma, en parler avec lucidité, et sentir malgré tout la même vague de panique au moment d’agir. Comprendre est un premier pas précieux, mais l’intellect seul ne désamorce pas la peur.
C’est une déception que beaucoup de mes clientes connaissent. Elles ont lu, réfléchi, analysé leur enfance. Et pourtant, devant la situation, le corps reprend le dessus. C’est normal. La peur s’est enregistrée à un niveau plus profond que la pensée, dans les sensations, la respiration, le rythme du cœur. Pour qu’elle s’apaise, il faut lui parler dans sa langue à elle : celle du ressenti. C’est là que le travail passe de la tête au corps, et que quelque chose commence vraiment à bouger.
Comment sortir de cette boucle sans me forcer à affronter mes peurs d’un coup ?
En avançant par toutes petites étapes, taillées à votre mesure. On ne sort pas de l’évitement en se jetant dans le vide, mais en testant en douceur ce qu’on redoute, un cran à la fois, tout en restant relié à ce qu’on ressent. Chaque petit pas réussi réapprend au corps que la situation est vivable.
L’idée est de trouver l’expérience juste, plutôt que de vous mettre au défi d’affronter le plus effrayant tout de suite : celle qui vous fait légèrement grimacer, sans vous submerger. Assez d’inconfort pour que votre système nerveux apprenne quelque chose de neuf, pas assez pour qu’il déclenche l’alarme maximale. Une petite chose vulnérable chaque jour, à votre rythme. Et au lieu de contracter tout votre corps pour ne pas sentir la peur, vous apprenez à l’accueillir, à observer où elle se loge, comment elle bouge, comment elle s’apaise. Petit à petit, le cerveau ré-encode la sécurité. La boucle se desserre.
En quoi l’hypnose et l’IFS peuvent m’aider ?
L’hypnose ericksonienne et l’approche des parties de soi offrent un cadre doux pour faire ce chemin sans se brusquer. Dans un état de détente léger, on travaille avec l’imaginaire et le corps, à votre rythme, sans jamais rien forcer. C’est souvent là que la boucle d’évitement commence, doucement, à se desserrer.
En séance, on ne cherche pas à faire taire la part de vous qui évite. On l’accueille, on l’écoute et on lui donne sa place. Car cette part cherche avant tout à vous protéger d’un danger qu’elle croit insurmontable. En prenant le temps de comprendre ce qu’elle craint vraiment, on cesse de se battre contre soi-même. L’état de détente permet de revisiter en sécurité les sensations liées à la peur, de les vivre autrement, à petite dose, jusqu’à ce que le corps intègre qu’il peut se détendre. On apprend à accueillir l’émotion au lieu de la fuir. Et c’est précisément ce mouvement d’accueil, doux et progressif, qui fait sortir de la boucle.
Un mot important avant de continuer : si l’anxiété vous submerge au point de ne plus pouvoir sortir de chez vous, si vous traversez des crises de panique intenses ou répétées, ou si le quotidien devient trop lourd à porter, ne restez pas seule avec ça. Parlez-en d’abord à votre médecin : un accompagnement médical est alors une première étape précieuse. L’approche décrite ici vient en complément, jamais en remplacement d’un avis professionnel.
Si vous vous reconnaissez dans ces annulations de dernière minute, dans ce soulagement qui laisse place au reproche, et que vous aimeriez comprendre ce qui se joue pour vous, on peut simplement en parler. Je vous propose un échange téléphonique de 30 minutes, gratuit et sans engagement, pour faire connaissance et voir si mon approche vous parle et vous intéresse. La ou les éventuelles séances se dérouleraient ensuite au cabinet, à Lausanne.
Pour aller plus loin
- Christophe André, Psychologie de la peur : Craintes, angoisses et phobies, éd. Odile Jacob — un panorama clair des mécanismes de la peur et de l’évitement, par un psychiatre reconnu.
- Steven C. Hayes, Un esprit libéré : La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), éd. Robert Laffont — comment cesser de lutter contre ses émotions pour agir dans le sens de ce qui compte.
- Bessel van der Kolk, Le corps n’oublie rien, éd. Albin Michel — comment les blessures anciennes s’inscrivent dans le corps, en deçà des mots.
- Christophe André, Méditer, jour après jour, éd. L’Iconoclaste — une porte d’entrée douce vers l’accueil du ressenti, utile pour apprivoiser l’anxiété.
Pour aller plus loin
- 👉 Écouter son corps — L'anxiété parle la langue des sensations
- 👉 Comprendre ne suffit pas — Pourquoi l'intellect seul ne désamorce rien
- 👉 Accueillir plutôt que fuir — Le cycle de l'anxiété
- 👉 La peur d'être vue — Quand on annule pour ne pas être jugée