Hypnose anxiété à Lausanne : pourquoi guérir ne ressemble pas au calme

Et si viser le calme était un faux objectif ? Comment l'hypnose ericksonienne à Lausanne aide votre système nerveux à retrouver son mouvement.

En bref — On imagine que sortir de l’anxiété induit un grand calme, une totale sérénité, une respiration enfin lente. C’est projeter un décor figé. Or votre système nerveux n’est pas fait pour rester immobile : il est construit pour bouger, pour passer de la tension à la détente, encore et encore. Quand l’anxiété, la fatigue ou les larmes reviennent après une séance, ce n’est pas un échec — c’est un corps qui recommence à respirer et à vivre. Cet article explique ce mouvement, et pourquoi le calme n’est pas le bon objectif.

Une cliente me l’a dit un jour, presque déçue : « J’ai fait tout ce qu’il fallait. Cohérence cardiaque, méditation, applications de relaxation. Et pourtant, dès que je m’arrête, ça remonte. » Elle décrivait une lutte. Un combat quotidien contre son propre corps. Et au fond d’elle, cette idée tenace : si je ne suis pas sereine, c’est que quelque chose ne va pas en moi.

Cette idée est répandue. Elle est aussi un piège. Car elle identifie la santé avec l’immobilité.

Pourquoi je n’arrive jamais à me sentir vraiment calme ?

Parce qu’un système nerveux en bonne santé n’est pas censé rester calme en permanence. Il est conçu pour osciller : monter en tension face à une menace, puis redescendre vers le repos une fois le danger passé. Ce balancement s’appelle la pendulation. Quand il se grippe, le corps cherche à le relancer — et cela ne ressemble pas toujours à de la sérénité.

Le calme permanent est un mythe rassurant

Imaginez un pendule. Au repos, il ne reste pas figé au centre — il oscille, il revient, il repart. C’est ce mouvement qui le maintient vivant. Votre système nerveux fonctionne un peu de la même façon. Il s’active quand il faut agir, et, lorsque les conditions sont réunies, il se restaure quand le danger s’éloigne. La santé, ce n’est pas l’arrêt du pendule. C’est sa liberté de mouvement — une liberté qui, parfois, a besoin d’être ré-apprise.

Notre système nerveux autonome est d’ailleurs directement construit en deux systèmes : le système sympathique qui nous mobilise pour l’action, et le système parasympathique qui nous permet de récupérer. Comme une voiture aura toujours besoin d’un accélérateur et d’un frein !

Les approches somatiques (Peter Levine) ont nommé ce va-et-vient la pendulation. Levine l’a observé chez les animaux sauvages : une gazelle qui vient d’échapper à un prédateur tremble, secoue son corps, puis repart brouter, comme si de rien n’était. Le trauma, écrit-il, survient quand cette décharge naturelle est interrompue — quand le corps reste coincé en tension, sans pouvoir redescendre. « Le traumatisme n’est pas dans l’événement en soi, mais bien dans le système nerveux de l’individu qui l’a vécu », résume-t-il.

Vouloir être calme tout le temps, c’est donc vouloir bloquer le pendule. On comprend l’intention. Mais c’est aller contre ce que le corps cherche à faire, dès qu’on le laisse faire : bouger pour se rééquilibrer. Comme la marche, qui permet d’avancer, résulte d’un déséquilibre contrôlé.

Est-ce que mes symptômes d’anxiété sont un signe que ça va mal ?

Pas nécessairement. Une fois une cause médicale écartée, les vagues d’anxiété, les tremblements ou la fatigue soudaine ne sont pas dus à un dysfonctionnement. Souvent, ce sont plutôt des tentatives : votre corps essaie de relancer un mouvement bloqué, de décharger une tension restée coincée. Ce que vous ressentez comme un dérèglement est parfois un dégel.

Quand le corps recommence à bouger, ça secoue

Pensez à un membre engourdi. Quand le sang y revient, ça picote, ça brûle, c’est désagréable. Pourtant, c’est le signe que la circulation reprend. Le système nerveux fonctionne de manière comparable. Après des années de gel — cette immobilité protectrice que le corps adopte face à un trauma —, le retour du mouvement n’est pas doux. Il tremble. Il pleure. Il fatigue. Et il fait peur… !

Bessel van der Kolk, dans Le corps n’oublie rien, le formule ainsi : « Tant que vous gardez des secrets et réprimez des informations, vous êtes fondamentalement en guerre avec vous-même. » Les symptômes sont souvent cette information qui cherche à remonter. Une partie de soi (IFS) qui a longtemps porté seule une tension, et qui demande enfin à être écoutée.

Cela ne veut pas dire qu’il faut ignorer tout symptôme. Un vertige persistant, des palpitations, des douleurs inexpliquées, une fatigue qui dure méritent toujours un avis médical avant toute autre lecture : c’est la première chose à écarter. Mais une fois ce cadre posé, le regard peut changer. Vos sensations ne sont pas forcément vos ennemies. Parfois, elles travaillent pour vous.

Pourquoi je me sens parfois plus mal après avoir « lâché prise » ?

Parce que le contrôle mental sert souvent de couvercle. Tant que vous serrez les dents, la tension reste contenue. Quand vous relâchez vraiment — en thérapie, dans le sommeil, dans un moment de sécurité —, ce qui était retenu remonte. Ce n’est pas une rechute. C’est la pression qui était sous le couvercle qui se libère enfin.

Le contrôle protège, mais il fige aussi

Beaucoup de personnes anxieuses ont développé un sens aigu du contrôle. Anticiper, surveiller, ne jamais baisser la garde ! C’est une stratégie qui a souvent été nécessaire — elle a permis de tenir. Mais elle a un coût important : elle empêche le système nerveux de faire son travail de décharge.

Il existe aussi une forme plus silencieuse de cette tension : la tendance à s’effacer, à apaiser les autres avant soi, à dire oui quand tout en nous dit non. Cette stratégie d’apaisement — répondre au danger en se rendant agréable — épuise sur la durée. Là encore, ce n’est pas un défaut de caractère. C’est un comportement appris, souvent dans l’enfance, qui continue à gérer une partie de la vie adulte.

Quand le contrôle se relâche, ce qu’il maintenait remonte. D’où ces moments paradoxaux : on se sent moins bien juste au moment où l’on commence, enfin, à se laisser aller. La théorie polyvagale (Stephen Porges) éclaire ce passage : le système nerveux a besoin de se sentir en sécurité — Porges parle de neuroception, cette évaluation inconsciente du danger — avant d’oser relâcher la garde. La sécurité d’abord, le mouvement ensuite. C’est d’ailleurs la base du travail thérapeutique que je propose.

Comment l’hypnose aide-t-elle l’anxiété, à Lausanne ?

L’hypnose ericksonienne ne force pas la détente. Elle ne cherche pas à vous calmer de force. Elle lève les interférences — le contrôle mental, cette part de vous qui surveille en permanence — pour que votre corps retrouve son mouvement naturel. En séance, au cabinet à Lausanne, l’idée n’est certainement pas de faire taire l’anxiété, mais de laisser le système nerveux reprendre son cycle normal d’alternance.

Lever les interférences plutôt que forcer le calme

Dans ma pratique de l’hypnose ericksonienne, je ne vois pas mon rôle comme celui d’un technicien du calme. Je ne « relaxe » pas les clientes. Je propose un cadre qui aide quelque chose à se déposer — le mental qui surveille, la partie de soi qui veut tout contrôler. En état dit « hypnotique », cette hyper vigilance s’assouplit, et le corps peut faire ce qu’il sait faire tout naturellement : bouger, décharger, se rééquilibrer.

C’est pour cela qu’une séance ne ressemble pas toujours à une parenthèse zen. Il arrive fréquemment qu’une cliente pleure. Qu’elle sente une chaleur, un picotement, une vague de fatigue. C’est une décharge émotionnelle normale, le signe que nous sommes au bon endroit, et que le pendule se remet en mouvement.

Est-ce normal de pleurer ou d’être épuisée après une séance ?

Souvent, oui — et pour beaucoup de clientes, c’est bon signe. Les larmes, la fatigue, une sensibilité à fleur de peau dans les heures qui suivent traduisent une libération plutôt qu’une aggravation : le corps a relâché une tension portée depuis longtemps. Ce contrecoup, généralement passager, accompagne souvent le retour du mouvement intérieur. Toutes les séances ne donnent pas lieu à ce genre de vague, et leur absence n’est pas un échec non plus.

Le « bon inconfort » de la libération

Il existe une différence entre l’inconfort qui blesse et celui qui dégage. Le premier vous enfonce. Le second vous traverse, puis s’en va, en laissant un peu plus de place. Après une séance, beaucoup de clientes décrivent ce second type : une fatigue profonde, parfois des larmes, suivies d’un profond soulagement difficile à nommer. Comme après une longue marche en montagne — les jambes lourdes, mais l’esprit plus clair.

Une vaste méta-analyse publiée dans Molecular Psychiatry (Solmi et al., 2022) a estimé qu’environ 62 % des troubles mentaux apparaissent avant l’âge de 25 ans, et près de la moitié avant 18 ans. L’étude documente cet âge d’apparition précoce, sans en désigner la cause. Mais elle rappelle une chose simple : pour beaucoup, le mal-être a commencé à se manifester tôt. Et ce qui s’est installé sur des années met parfois du temps à se dénouer complètement — cela passe souvent par des vagues. Une séance n’efface pas une histoire. Elle relance un mouvement d’apprentissage et d’adaptation que l’histoire avait figé.

Alors si, en rentrant chez vous, vous sentez monter l’émotion ou la fatigue, accueillez-les. Ce ne sont pas des signes que ça ne marche pas. Ce sont, au contraire, les signes que cela recommence enfin à bouger.

Pour aller plus loin

Pour les particuliers concernés

  • Bessel van der Kolk, Le corps n’oublie rien — le cerveau, l’esprit et le corps dans la guérison du traumatisme
  • Peter A. Levine, Réveiller le tigre — guérir le traumatisme
  • Stephen W. Porges, Notre monde polyvagal — comment notre stress et nos ressentis nous façonnent

Références professionnelles

  • Peter A. Levine, In an Unspoken Voice — How the Body Releases Trauma and Restores Goodness
  • Stephen W. Porges, The Polyvagal Theory — Neurophysiological Foundations of Emotions, Attachment, Communication, and Self-Regulation
  • Richard C. Schwartz, Système familial intérieur : blessures et guérison — un nouveau modèle de psychothérapie

Si cette approche vous parle, vous n’avez rien à perdre à l’essayer. Et si vous le souhaitez, vous pouvez me contacter gratuitement et sans engagement, pour un premier échange téléphonique.

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