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La thérapie brève orientée vers les solutions
En thérapies brèves, ce n’est pas le thérapeute qui amène les solutions, mais le client qui les découvre grâce au questionnement du spécialiste. Celui-ci guide et accompagne son client afin qu'il puisse se découvrir, exprimer ses propres capacités, compétences et ressources en regard de sa problématique et de son objectif.
Une petite voix intérieure…
J’ai eu l’occasion d’accompagner en coaching celle que j’appellerai Ines afin de préserver son anonymat. Elle m’avait consulté pour régler au moyen d’une thérapie brève le problème particulier de sa petite voix intérieure qui la poursuivait de critiques incessantes. Ines m’a précisé qu’elle était déjà suivie par un thérapeute dans le cadre du traitement de sa dépression.
Un des mérites de l’hypnose étant de créer un contexte favorable à l’exploration et au développement de soi, Ines a pu refaire le lien avec ses ressources, ses nombreuses réussites, reprendre plaisir à passer du temps avec elle-même, et surtout apprendre à discriminer les pensées utiles des autres.
Autre forme de traitement
Quelques mois plus tard, Ines a repris contact avec moi pour me demander un conseil précis. Elle avait continué à voir son psychiatre régulièrement, mais ce dernier voulait à chaque fois se consacrer à préciser les abus qu’elle avait subis dans son enfance. Lorsque Ines lui avait dit qu’elle voulait sortir de cette façon de revisiter et de décrire sans arrêt ce passé pénible, il lui avait répondu qu’il pensait que c’était « de l’évitement ». Il avait déclaré que son manque de coopération quand il s’efforçait d’explorer plus en profondeur les épisodes d’abus était un signe évident « de déni ».
Ines estimait que le problème n’était pas son propre déni mais plutôt l’adhésion rigide de son thérapeute à une certaine forme de traitement qu’elle ne trouvait pas adapté et peu efficace. Elle me demandait s’il était raisonnable de sa part de vouloir travailler avec quelqu’un d’autre, un spécialiste qui pourrait lui donner des savoir-faire utiles dans sa vie comme je l’avais fait. Maintenant qu’elle avait eu un aperçu de sa capacité à aller bien, à se focaliser sur ce qu’il y a de bon en elle, elle voulait davantage d’occasions de le faire dans le cadre de sa thérapie « officielle » (remboursée par son assurance maladie).
Je l’ai encouragée à parler de nouveau directement avec son thérapeute de son désir d’avancer dans sa thérapie en se focalisant sur la construction de compétences, d’aptitudes pratiques pour gérer sa vie et ses symptômes. Ensuite, si son psychiatre semblait incapable ou peu désireux de lui donner des outils spécifiques pratiques, elle pouvait choisir de changer de praticien. Je lui ai rappelé que ce n’était pas à elle de se mettre au niveau de son thérapeute.
Le pouvoir de la thérapie brève orientée solution
Cette anecdote illustre à mon avis parfaitement le pouvoir de la thérapie brève orientée vers les solutions. Ce n’est pas le thérapeute qui amène les solutions, mais bien le client qui les découvre grâce au questionnement du spécialiste focalisé sur la problématique, puis les solutions. Celui-ci guide et accompagne son client afin qu’il puisse se découvrir, exprimer ses propres capacités, compétences et ressources en regard de sa problématique et de son objectif.
Y superposer une transe hypnotique facilite cette découverte, adaptée au contexte de la personne, et permet d’amplifier les ressources dont dispose le client. L’hypnose offre également un espace à l’imaginaire qui permet de d’expérimenter « comme si », de se projeter et de vérifier l’impact sur le système dans lequel le client est plongé afin d’éviter des « effets secondaires » indésirables.
Dans ce cadre-là, on ne consacre pas de temps à ressasser l’origine du problème, réelle ou imaginée. Mais on prend le temps nécessaire pour inscrire la difficulté vécue dans son contexte systémique, explorer les tentatives de solution déjà entreprises, les valeurs et appuis dont dispose le client, etc.
Finalement l’emploi de techniques de thérapie brève ciblées permet d’accompagner le client sur le chemin de prises de conscience puis sur l’intégration du changement dans la vie courante.
Les thérapies brèves sont… brèves
Quelle est la durée moyenne des thérapies brèves ?
J’ai une amie qui consulte une psychologue depuis 8 ans (!!!) à raison d’une séance toutes les deux semaines environ. A-t-elle vécu un traumatisme important ? Vit-elle une longue et pénible dépression, un burn-out ? Non, ‘simplement’ les aléas de la vie, même si ceux-ci peuvent s’avérer désagréables. Cette thérapeute est ainsi devenue « sa béquille », comme mon amie le dit si bien.
Difficile d’arrêter, en fait. D’abord un lien s’est forcément créé avec cette thérapeute, comment annoncer que l’on arrête sans la blesser. Ensuite il y a l’habitude : décider de changer est difficile. Finalement, quand on a raconté durant 45 minutes tout ce qui ne va pas présentement dans sa vie, notre état d’esprit n’est pas particulièrement joyeux et positif, il est donc difficile de se trouver en pleine forme, et de refuser le nouveau rendez-vous que l’on nous propose.
Mon amie a également suivi trois séances avec un hypnothérapeute (pas avec moi, pour des raisons évidentes) qui, selon ses mots, se sont révélées bien plus utiles que ses années de thérapie avec sa psy. Mais gros obstacle : l’assurance maladie de base ne rembourse pas la séance d’hypnose, contrairement à la séance avec un-e psychologue… Devoir ouvrir son portemonnaie est psychologiquement bien plus difficile qu’effectuer un versement parmi d’autres à la fin du mois, et l’assurance prend en charge le 90% du coût.
Par rapport à la durée des thérapies brèves, cela ne soulève-t-il pas quelques questions…
Bien entendu je n’ai pas à critiquer ses choix qui lui appartiennent. Pouvoir ‘vider son sac’ périodiquement avec une personne qui sait écouter et manifester son soutien est sans doute utile. Mais cela m’interroge sur plusieurs points :
- quelle est l’efficacité d’un traitement qui dure déjà depuis 8 années (et cela continue…)?
- un ‘thérapeute’ qui ‘traite’ le même patient régulièrement pendant 8 ans ne devrait-il pas finir par se poser quelques questions ?
- le but d’un traitement n’est-il pas de rendre son « patient » autonome le plus rapidement possible ? Devenir une béquille psychique est certes intéressant financièrement et peut être valorisant pour l’égo de certains aidants, mais rendre autrui dépendant est-il éthiquement acceptable ?
- les assurances remplissent-elles leur devoir de surveillance ?
- si l’on compte le 10% du tarif à charge de l’assuré, et le temps consacré à se rendre dans un cabinet, tout cela pour un résultat… discutable, ne vaudrait-il pas mieux malgré tout choisir un thérapeute efficace, même si les assurances ne prennent pas le soin en charge ?
- le « de toute façon c’est l’assurance qui paie » est-il acceptable ?
- finalement, l’hypnose étant un outil de plus en plus utilisé par des médecins, dentistes et infirmiers -ères spécialement formés -ées, ne serait-il pas temps que les hypnothérapies, en tant que thérapies brèves de courte durée et dispensées par des praticiens diplômés soient remboursées par l’assurance maladie de base ?
Combien de séances en thérapie brève ?
Sans que ce soit une règle immuable, les thérapies brèves sont généralement limitées à un maximum de 10 séances. Habituellement entre une et cinq, avec une moyenne de trois. Ce principe exposé clairement dès le départ fait partie du contrat thérapeutique. Ainsi tant le client que le thérapeute se voient activement engagés dans la voie de l’autonomie retrouvée, par rapport à des objectifs clairs et réalistes. Si nous voulons induire un changement rapide et efficace, il nous faut interrompre la persistance du problème et non en reconstruire les causes passées. L’orientation solution est, autrement dit, vers quoi le client souhaite aller à la place de son problème, ce qui permet de se mobiliser vers son objectif.
Les synergies entre l’implication active du client dans sa thérapie, l’approche orientée solution, les techniques de PNL et de questionnement stratégique, et l’amplificateur que constitue l’hypnose permettent effectivement d’atteindre des résultats étonnants et durables, et ce en quelques séances seulement.
Certes, le business modèle n’est pas le même, et on ne devient pas riche en étant thérapeute spécialisé dans les interventions de courte durée avec les thérapies brèves. Pour ma part c’est un choix de vie qui est cohérent avec mes valeurs, et pouvoir soulager quotidiennement les souffrances d’autrui est un privilège.
Pour aller plus loin
- 📖 L’hypnose conversationnelle — Une forme de thérapie brève
- 👉 Traitement de l’anxiété — Exemple de thérapie brève efficace
- 👉 Traitement des traumatismes — La thérapie brève face aux chocs émotionnels
- 📖 Qu’est-ce que l’hypnose ? — Comprendre l’hypnothérapie