Une lettre de votre Self : ce que la part qui n’a jamais été blessée a à vous dire

En IFS, le Self est cette part qui n'a jamais été blessée. Lisez la lettre qu'elle vous écrit pendant les phases de grand bouleversement intérieur.

En bref — En IFS, votre Self est cette part qui n’a jamais été blessée. Pendant les périodes où tout semble s’effondrer, sa voix se fait entendre — mais il faut savoir l’accueillir. Voici la lettre qu’elle vous adresse, mise en mots depuis le cabinet d’hypnose ericksonienne, à Lausanne.

Marc Binggeli, hypnothérapeute à Lausanne, accompagne ce travail avec l’hypnose ericksonienne, en présentiel.

Ce qui suit n’est pas un article au sens habituel. C’est une lettre.

Une lettre que beaucoup de mes clientes auraient pu recevoir, à un moment précis de leur vie. Le moment où plus rien ne fonctionne comme avant. Où le sol se dérobe. Où une fatigue ancienne remonte à la surface, et avec elle des émotions qui ne demandaient qu’à être enfin senties.

En thérapie IFS — Internal Family Systems, le modèle développé par le thérapeute familial américain Richard Schwartz — on appelle Self cette dimension de vous qui n’a jamais été blessée. Pas une partie parmi d’autres. Quelque chose de plus profond. Une présence calme, claire, curieuse, qui sait. Qui a toujours su.

C’est l’idée au cœur du modèle de Schwartz : chacun porte en soi un Self qui ne peut pas être endommagé, quels que soient les événements traversés1. Une étude clinique menée auprès de personnes ayant vécu des traumatismes multiples dans l’enfance a observé une nette diminution des symptômes de stress post-traumatique après un accompagnement en IFS, gains encore présents un mois après la fin du suivi2.

Pendant les périodes de grande turbulence intérieure, c’est sa voix qui essaie de se faire entendre, en dessous du vacarme de l’anxiété et des parties protectrices qui se débattent. Elle ne crie pas. Elle parle doucement. Et quand on apprend à la reconnaître — souvent pour la première fois avec l’hypnose ericksonienne, parce qu’on y favorise l’apparition d’un état particulier, léger, de conscience qui fait retomber le bruit du mental — elle dit à peu près ceci.


Que dit le Self quand tout semble s’effondrer ?

Au plus fort de la crise, une voix calme essaie de se faire entendre sous le vacarme. Elle ne juge pas, elle ne presse pas. Elle dit que rien n’est cassé. Voici cette lettre, mise en mots depuis l’expérience clinique avec l’hypnose ericksonienne.

La lettre

Écoutez. Je vous parle, maintenant.

Je ne suis pas vos pensées. Je ne suis pas vos peurs. Je ne suis pas non plus ce que vous attendez de vous-même. Je suis l’intelligence plus profonde qui vous habite, et qui vous a guidée toute votre vie, même quand vous ne le saviez pas. Surtout quand vous ne le saviez pas.

Je sais ce que vous traversez en ce moment.

Vous pouvez vous sentir gelée. Débordée. Pleine de tension, de peur, d’une énergie de survie brute qui ne vous lâche pas — une crispation dans la poitrine, un poids dans le ventre. Vous pouvez avoir l’impression que quelque chose, à l’intérieur, a cessé de fonctionner. Que vous avez perdu votre élan, votre capacité d’action, votre clarté.

Écoutez-moi. Rien n’est cassé. Rien n’a déraillé.

Cette immobilité que vous ressentez n’est pas l’absence de mouvement. C’est de l’énergie qui se rassemble. C’est la pause avant une réorganisation profonde. Vous n’êtes pas bloquée. Vous êtes ramenée à vous-même. Vous êtes tenue immobile un moment, pendant que quelque chose de plus profond trouve sa place.

Je vous protège de l’envie de courir devant ce qui est vrai. Je vous ralentis, ou je vous arrête, pour que vous puissiez enfin sentir ce qui n’a jamais pu être senti. Je vous garde ici, parce que c’est ici, dans ce point précis de votre expérience, que la suite de votre vie va commencer.

Pourquoi ne pas avoir peur de l’intensité émotionnelle ?

L’intensité qui monte n’est pas une menace — c’est de la vie qui demande à être sentie après avoir longtemps été contenue. Le Self vous accompagne pour traverser ce flux sans vous y noyer, en restant en contact avec la part qui sait.

N’ayez pas peur de l’intensité

N’ayez pas peur de ce qui monte en vous. Quelle que soit la forme — dans le mental, dans le corps. N’ayez pas peur de la charge. N’ayez pas peur de la douleur, des tremblements, de la pression dans la poitrine, de la chaleur, du vertige, des larmes qui viennent sans raison.

Ce n’est pas un danger. C’est un dégel. C’est la vie qui revient.

Vous n’êtes pas qui vous croyiez être. Et celle qui souffre maintenant, c’est cette construction qui tenait debout grâce à des stratégies qui n’ont plus cours. Mais vous, vous n’êtes pas qui vous croyiez être. Vous êtes le Self. Et vous êtes, en ce moment précis, en train d’en être rappelée.

Pendant des années, peut-être des décennies, des parties de vous ont porté des blessures que vous ne pouviez pas supporter de sentir. Elles ont fait leur travail. Elles vous ont protégée. Et elles l’ont bien fait.

Mais aujourd’hui, quelque chose en vous est prêt. Prêt à tenir, à sentir ce qui, autrefois, vous aurait submergée. Les anciennes structures ne peuvent plus contenir ce qui cherche à venir. Cette énergie qui monte et qui vous traverse, ce n’est pas un effondrement. Ce n’est pas contre vous. C’est pour vous.

Pourquoi les fins ne sont-elles pas des pertes ?

Quand un mode ancien tombe, ce n’est pas une amputation — c’est un dépouillement nécessaire. Le Self sait que ce qui se défait avait déjà cessé de servir. Ce qui reste, après, est ce qui peut enfin grandir.

Les fins que vous vivez en ce moment — la relation qui s’achève, le rôle que vous ne pouvez plus jouer, l’identité qui ne tient plus, les schémas qui tombent — ce ne sont pas des pertes au sens où vous le pensez. Ce ne sont pas des punitions.

Ce sont des dégagements. Des espaces qui se libèrent.

Je ne dissous que ce qui ne peut plus contenir ce que vous êtes en train de devenir. Vous n’êtes pas faite pour rester celle que vous étiez. Vous êtes faite pour vous déployer. Et cette période d’incertitude que vous traversez n’est pas la preuve que quelque chose va mal. C’est la preuve que quelque chose, au plus profond, va bien.

Laissez tomber l’ancien monde. Laissez les émotions monter sans les pousser à nouveau vers le bas. Laissez votre souffle aller là où il veut aller. Laissez-vous sentir tout ce qui se présente, sans avoir besoin d’en comprendre le sens.

Parce que je suis là. Moi, le Self. Je suis là dans votre doute. Dans votre douleur. Dans le silence apparent. Dans ce qui ressemble à une régression. Dans l’émotion qui se coince au fond de votre gorge et qui ne sait pas comment sortir.

Vous pouvez vous sentir seule. Vous ne l’êtes pas. Vous ne l’avez jamais été. Je suis le Self. Et je suis là. Toujours.

Pourquoi n’avez-vous rien à faire ?

L’agenda du mental veut résoudre, organiser, contrôler. Le Self, lui, sait qu’il n’y a parfois rien à faire — seulement à laisser le système se réorganiser à son rythme. La présence vaut plus que l’effort.

Vous n’avez pas besoin de vous dépêcher. Vous n’avez pas besoin de réparer. Vous n’avez même pas besoin de comprendre ce qui vous arrive.

Vous avez juste besoin d’accueillir. D’accueillir ce qui se passe, dans votre expérience, telle qu’elle est, maintenant.

Parce que quelque chose, en vous, veille déjà. Une vie que vous n’avez pas encore vue prend forme doucement, et vous pouvez commencer à la pressentir.

Vous ne vous brisez pas. Vous ne vous effondrez pas. Vous vous ouvrez.

Faites confiance au rythme. Faites confiance au tempo. Faites confiance au déploiement. C’est la nature qui fait son travail. Faites confiance à l’intelligence qui monte de l’intérieur de vous.

Vous pouvez, ici, vous sentir un peu plus en sécurité. Vous êtes en train de devenir, et de revenir à vous-même.

Et moi, je suis toujours, toujours là.


Ce que cette voix a à voir avec mon cabinet

Cette lettre n’est pas la mienne. Elle vient de votre Self. Mon rôle, au cabinet, est seulement de créer les conditions pour que vous puissiez l’entendre.

L’hypnose ericksonienne — la pratique que j’ai à cœur depuis des années — fait précisément cela. Elle ne vous endort pas. Elle ne vous manipule pas. Elle ralentit le mental cognitif suffisamment pour que d’autres voix, plus profondes et plus anciennes, deviennent audibles. La voix de votre Self est l’une d’elles. Souvent la plus discrète. Toujours la plus juste.

C’est tout un art, ce travail. Pas une technique qu’on applique. Une posture qu’on tient — la même que celle de la lettre que vous venez de lire. Une posture d’accueil. Laisser être ce qui est. Accueillir les parties qui souffrent, et permettre à la part qui sait — votre Self — de se rendre disponible.

Si vous lisez cette lettre dans une période de grand bouleversement, sachez ceci. Vous n’avez pas à traverser cela seule. Souvent, une seule rencontre suffit pour créer le déclic. Pour ramener un peu de calme. Pour écouter ensemble cette voix qui essaie de se faire entendre depuis longtemps.

Le cabinet est à Lausanne. Avant toute première séance, je propose un entretien téléphonique de 30 minutes, gratuit, pour vous laisser sentir si nous sommes les bons partenaires de travail. Sans pression, sans promesse — accueillir, justement.

Et d’ici là, si une seule phrase de cette lettre a résonné en vous : il y a déjà quelque chose qui s’est mis en mouvement. Vous n’avez rien à en faire. Vous avez juste à le laisser être.

Pour aller plus loin

Pour les particuliers concernés

  • Kevin Finel, L’autohypnose (ARCHE) — présentation accessible de la pratique par l’Académie de Recherche et Connaissance en Hypnose Ericksonienne.
  • Cécile Wyler Roulet, Comment transformer votre vie avec les thérapies courtes (Favre, 2015) — approche concrète des thérapies brèves.
  • Hélène Blanchard, Le Coaching Centré sur la Solution (InterEditions) — méthode centrée sur les ressources plutôt que sur le problème.
  • IFS Institute, Ressources d’introduction à l’Internal Family Systems — disponibles en ligne.
  • François Roustang, Conférences — disponibles en ligne (hypnose, présence, thérapie).
  • François Roustang & Dominique Megglé, Conférences Eye of the Storm — hypnose ericksonienne, francophone.

Références professionnelles

  • Richard Schwartz, No Bad Parts (Sounds True, 2021) — le fondateur de l’IFS expose le modèle du Self et des parties de soi.
  • Stephen Gilligan & Robert Dilts, Le Voyage du Héros (InterÉditions, 2019) — un éveil à soi-même par le coaching génératif.
  • Richard Hill & Ernest L. Rossi, Mirroring Hands (Crown House Publishing, 2017) — approche neuroscientifique de l’hypnose ericksonienne.
  • François Roustang, Jamais contre, d’abord (Odile Jacob, 2015) — posture d’accueil et de non-résistance en thérapie.

→ Voir aussi la page Références — Hypnose & thérapies brèves.

1. Richard C. Schwartz, fondateur du modèle IFS — No Bad Parts (Sounds True, 2021).
2. Hodgdon, H. B., Anderson, F. G., Southwell, E., Hrubec, W., & Schwartz, R. C. (2022), Internal Family Systems (IFS) Therapy for PTSD among Survivors of Multiple Childhood Trauma: A Pilot Effectiveness Study, Journal of Aggression, Maltreatment & Trauma.

Si vous reconnaissez ce que je viens de décrire, je vous propose un premier entretien téléphonique de trente minutes, gratuit, pour qu’on regarde ensemble si le cadre vous convient. C’est au cabinet à Lausanne, avec l’hypnose ericksonienne, en présentiel, parce que ce travail-là demande la présence du corps.

Entretien téléphonique gratuit et sans engagement ☎ Réservation sur OneDoc