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Devenir sa propre meilleure amie : ce que self-kindness veut dire, vraiment
La voix critique n'est pas l'ennemie. Comment l'hypnose ericksonienne et l'IFS aident, à Lausanne, à retrouver le Self qui sait écouter sans juger.
Marc Binggeli, hypnothérapeute à Lausanne, accompagne ce travail avec l’hypnose ericksonienne, en présentiel.
Vous avez peut-être passé des années à attendre que quelqu’un comprenne enfin ce que vous portez. Un parent qui validerait, un partenaire qui verrait, un thérapeute qui dirait enfin la phrase juste. Cette attente est légitime. Elle vient d’un endroit ancien, parfois très ancien, où la reconnaissance a manqué.
Et pourtant, il y a une vérité que la plupart des personnes oublient. La seule personne qui sera là à chaque seconde de votre existence, c’est vous. Pas vous comme un projet à améliorer. Pas vous comme une liste de blessures à réparer. Vous comme une présence — celle qui assiste, depuis l’intérieur, à toutes vos heures.
La question n’est donc pas : vais-je trouver quelqu’un qui me comprend ? La question, plus précise, est : quel type de compagnie suis-je en train d’être pour moi-même ?
Cette dureté envers soi est courante chez les personnes hypersensibles, qui s’oublient à force de tout ressentir.
Pourquoi suis-je si dure avec moi-même dans ma tête ?
La voix qui vous juge en permanence n’est pas votre voix authentique. C’est une voix apprise — souvent celle d’un parent, d’un enseignant, d’un environnement où il fallait être impeccable pour avoir le droit d’exister. La reconnaître comme étrangère est la première marche.
Quand la voix qui vous parle dans la tête n’est pas vous
Beaucoup de clientes que je reçois au cabinet à Lausanne arrivent en disant la même chose, avec des mots à peine différents : « je suis trop dure avec moi-même », « je n’arrive pas à me lâcher la grappe », « il y a une voix qui ne s’arrête jamais ».
Cette voix dit des choses qu’on n’oserait dire à personne d’autre. Elle dit : tu n’es pas assez, tu vas encore tout rater, si on te connaissait vraiment, on partirait. Elle parle souvent à la deuxième personne — tu. Comme si elle venait d’ailleurs.
Et c’est vrai, d’une certaine façon. Cette voix n’est pas exactement vous. Elle est une part de vous. Une part qui s’est constituée tôt, parfois très tôt, à un moment où il fallait absolument anticiper le reproche pour le désamorcer, ou se devancer soi-même pour ne pas être devancée par l’autre.
Faire taire cette voix ne marche pas. Vous l’avez déjà essayé. La rationaliser ne marche pas non plus — la voix continue son travail en parallèle, plus discrète, plus rusée. Ce qui change quelque chose, c’est de la rencontrer.
Faut-il faire taire la critique intérieure ?
Non — la combattre la renforce. Cette part jeune a peur, elle vous protège à sa manière, en anticipant les coups que d’autres ont portés autrefois. La rencontrer avec curiosité plutôt qu’avec violence, c’est déjà commencer à transformer le rapport.
La critique intérieure n’est pas l’ennemi : elle est jeune, et elle a peur
Dans le cadre de l’IFS — l’approche Internal Family Systems développée par Richard Schwartz —, on apprend à reconnaître que cette voix critique est ce qu’on appelle une part protectrice. Plus précisément, un manager : une part qui anticipe, contrôle, devance. Sa fonction n’est pas de vous nuire. Sa fonction est d’éviter qu’une humiliation, un abandon ou un effondrement plus anciens ne se reproduisent.
Quand vous l’écoutez attentivement, vous entendez souvent une voix d’enfant. Une enfant qui a appris très jeune que la sécurité passait par la performance, ou par la lecture rapide des émotions de l’autre, ou par le fait de ne jamais déranger.
Lui dire de se taire, c’est ajouter une humiliation à celle qu’elle essaie déjà de prévenir. C’est durcir le système au lieu de l’apaiser. À l’inverse, lui demander ce qu’elle craint — réellement, sans se battre avec elle — change le climat intérieur en quelques minutes.
C’est ici que l’hypnose ericksonienne ouvre une porte. Dans un état léger de conscience, vous n’êtes plus en dialogue exclusivement cognitif avec cette part. Vous l’entendez, vous la situez, vous la voyez parfois. Et surtout, vous découvrez qu’il y a quelqu’un d’autre, en vous, qui est en train de l’écouter.
Qu’est-ce que le Self en IFS ?
L’IFS de Richard Schwartz décrit le Self comme cette part centrale, intacte, qui n’a jamais été blessée. Elle est faite de calme, de curiosité, de compassion. C’est elle qui peut accueillir les parties de soi blessées — pas un personnage construit, mais une présence qui était déjà là.
Le Self : cette part de vous qui n’a jamais été blessée
Cette autre présence, l’IFS lui donne un nom : le Self. Elle n’est pas une part. Elle est ce qui reste quand toutes les parties de soi se mettent un peu en retrait. Schwartz la décrit par huit qualités : calme, curiosité, clarté, compassion, courage, confiance, créativité, connexion.
La plupart des personnes, en découvrant ce concept, posent la même question : mais alors, est-ce que ce Self existe vraiment chez moi ? Oui. Toujours. Y compris chez les personnes qui ont vécu des traumatismes lourds. Ce qui change, ce n’est pas la présence du Self — c’est l’accès à ce Self, parfois très encombré par les parties de soi protectrices qui se sont installées en première ligne.
Ce n’est pas qu’une intuition clinique. Une méta-analyse portant sur 21 essais contrôlés randomisés et 1285 participants — menée par James Kirby, Cassandra Tellegen et Stanley Steindl, publiée en 2017 dans Behavior Therapy — montre que les approches centrées sur la bienveillance envers soi réduisent significativement l’anxiété et l’humeur dépressive. Une bienveillance qui, en séance, ressemble beaucoup à ce que l’IFS appelle retrouver son Self.
Et c’est précisément ce que la self-kindness, dans le langage de la psychologie populaire, désigne sans toujours le savoir : être en contact avec son Self. Pas se forcer à être gentil avec soi-même. Pas se répéter des affirmations devant le miroir. Pas non plus se reprocher de ne pas y arriver. Simplement, retrouver le chemin vers la part de soi qui sait écouter sans juger.
Cette part-là est votre meilleure amie. Et elle existe déjà.
Qu’apporte l’hypnose ericksonienne à la self-kindness ?
La self-kindness reste souvent une consigne mentale — « sois douce avec toi ». L’hypnose ericksonienne propose une expérience corporelle de cet accueil. Le système nerveux ne reçoit plus seulement une instruction : il vit, quelques minutes, un état de sécurité intérieure que la pensée seule ne crée pas.
De la self-kindness à l’accueil : ce que change l’hypnose ericksonienne
Il y a un mot, en thérapie contemporaine, qui résume bien ce déplacement : accueillir. Permettre. Laisser être ce qui est, avant d’essayer de le changer. C’est ce qu’on appelle, dans sa pratique, le principe d’accueil — un principe qui rejoint très directement ce que Milton Erickson avait pressenti il y a soixante ans.
L’hypnose ericksonienne ne consiste pas à imposer un état à votre système nerveux. Elle consiste à proposer un cadre dans lequel votre système peut, enfin, lâcher la garde. Dans ce cadre, la voix critique se calme — pas parce qu’on l’a réduite au silence, mais parce qu’elle n’a, pour quelques minutes, plus rien à protéger.
C’est dans ces minutes-là que se passent les choses importantes. Une émotion qui était figée se met à bouger. Une part jeune, restée enfermée dans une scène ancienne, peut être visitée et accompagnée vers le présent. Une décision intérieure qui semblait impossible devient, soudain, évidente.
Ce travail n’est pas de la magie. C’est un savoir-faire — tout un ART. Il demande une posture précise du thérapeute (ce qu’on appelle être centré) et une rencontre, à chaque séance, entre votre système et le sien. C’est pour cela qu’une thérapie n’est pas un protocole. C’est une rencontre.
À quoi ressemble une séance d’hypnose ericksonienne sur la critique intérieure ?
Au cabinet à Lausanne, on commence par identifier la part qui parle si fort. On lui demande son rôle, ses peurs, ce qu’elle protège. Puis on propose à votre système une expérience où cette part peut, enfin, déposer une partie du fardeau — sans qu’on lui demande de disparaître.
Ce que ça donne, en séance, à Lausanne
Concrètement, voici à quoi ressemble ce travail au cabinet.
Vous arrivez avec une plainte précise — je n’arrive pas à dormir, je sabote chaque relation au bout de trois mois, je suis épuisée par ma propre exigence. Nous prenons le temps d’écouter ce qui se dit derrière la plainte. Très souvent, ce qui se dit derrière, ce sont des blessures plus anciennes : un sentiment ancien d’avoir dû être parfaite pour être aimée, une honte qui s’est installée à un moment précis et qui n’est jamais vraiment partie, une peur d’abandon que personne n’avait reconnue jusque-là.
Selon les séances et selon ce que votre système permet, j’utilise plusieurs cadres. L’hypnose ericksonienne pour ouvrir un espace, un état léger de conscience où l’accueil devient possible. L’IFS pour cartographier les parties de soi en présence et leur donner la parole. Parfois la PNL pour des recadrages précis, l’approche systémique de Palo Alto pour interrompre des boucles de tentatives de solution, ou le travail corporel inspiré de l’ACH (Jansen PHITTR) pour reconnecter avec le corps après un trauma.
Ce qui ne change pas, d’une séance à l’autre, c’est l’orientation : vous aider à retrouver le chemin vers votre Self. Pas le construire. Le retrouver. C’est un peu comme rentrer chez soi après une longue absence et redécouvrir qu’il y avait, depuis le début, une lumière qu’on avait oubliée.
Par quels gestes commencer dès aujourd’hui ?
Trois repères simples : nommer la voix qui juge plutôt que la croire ; remercier la part qui s’inquiète avant de la calmer ; chercher dans le corps un endroit calme, même petit, et y revenir comme à un point d’ancrage. Ces gestes ne remplacent pas un travail de fond — ils en ouvrent la porte.
Trois repères pour commencer dès aujourd’hui
Avant même une première séance, voici ce que vous pouvez expérimenter.
Le premier repère : quand la voix critique parle, au lieu de vous battre avec elle ou de la croire, posez-lui une seule question — de quoi as-tu peur ? Ne cherchez pas à raisonner. Écoutez la réponse. Souvent, elle vient en quelques secondes, et elle est plus tendre que prévue.
Le deuxième repère : remarquez les moments où vous êtes naturellement en Self. Ce sont les moments où vous parlez à un enfant qui pleure, où vous écoutez une amie sans chercher à la conseiller, où vous regardez le lac un soir et où tout, simplement, va. Ces moments existent déjà chez vous. Ils sont la preuve que le Self est là.
Le troisième repère : ne confondez pas self-kindness et auto-indulgence. Être bienveillante avec soi, ce n’est pas se laisser tout passer. C’est tenir, pour soi, le même regard que celui qu’une amie compétente tiendrait. Un regard qui voit, qui ne juge pas, et qui ne lâche pas non plus.
Si quelque chose, dans cette lecture, a touché un endroit en vous — une fatigue de mener cette guerre intérieure depuis trop longtemps, ou simplement la curiosité de découvrir ce que serait un Self enfin disponible — il existe une porte d’entrée simple. Un entretien téléphonique de trente minutes, gratuit et sans pression, pour voir si nous sommes les bonnes personnes pour ce travail. Vous pouvez prendre rendez-vous directement, ou en savoir plus sur ma pratique et sur l’hypnose ericksonienne telle que je l’enseigne. Si votre histoire passe par le corps autant que par les mots, l’article sur reconnecter avec le corps après un trauma prolonge naturellement cette lecture. Et si, derrière cette dureté envers vous-même, il y a surtout de la honte — cette croyance ancienne d’être « trop » ou « pas assez » —, l’article sur l’auto-compassion et la honte traumatique explore cette porte-là.
Devenir sa propre meilleure amie n’est pas un projet de plus à ajouter à votre liste. C’est, plus simplement, le retour à une présence qui n’a jamais cessé d’être là.
Pour aller plus loin
Pour les particuliers concernés
- Valérie Beaufort, Se libérer de la blessure d’abandon (En Quête du Bonheur, 2018) — pour comprendre la blessure d’abandon qui nourrit souvent la dureté envers soi.
- Leslie Cameron-Bandler & Michael Lebeau, Au Cœur des Émotions (La Tempérance) — apprivoiser ses émotions avec la PNL.
- Christophe Fauré, Ensemble mais seuls (Albin Michel) — sur la solitude affective au sein du couple.
- Christophe Fauré, Le couple brisé (Albin Michel) — traverser la rupture et la reconstruction de soi.
- Elaine N. Aron, Hypersensibles (Marabout, 2013) — mieux se comprendre quand on ressent plus intensément.
- The School of Life, How to Be Your Own Best Friend — disponible en ligne.
- Therapy in a Nutshell, Self-Compassion Skills — disponible en ligne.
- Tara Brach, RAIN — A Practice of Radical Compassion — disponible en ligne.
Références professionnelles
- Stephen Gilligan & Robert Dilts, Le Voyage du Héros (InterÉditions, 2019) — un éveil à soi-même avec le coaching génératif.
- Luc Vacquié, Coacher avec l’hypnose conversationnelle (InterEditions, 2019) — manuel pratique.
- Connirae & Tamara Andreas, Au Cœur de la Transformation (La Tempérance, 2014).
- Robert Dilts, Changer les systèmes de croyances avec la PNL (InterÉditions).
- Jean-Christophe Seznec (dir.), ACT : applications thérapeutiques (Dunod, 2019) — anxiété, phobies, TCA, image de soi.
→ Voir aussi la page Références — Développement personnel.
Si vous reconnaissez ce que je viens de décrire, je vous propose un premier entretien téléphonique de trente minutes, gratuit, pour qu’on regarde ensemble si le cadre vous convient. C’est au cabinet à Lausanne, avec l’hypnose ericksonienne, en présentiel, parce que ce travail-là demande la présence du corps.