Besoin d'informations, conseils, rendez-vous : +41 21 552 05 21

Quand rien ne marche pour réguler votre système nerveux : la posture qui change tout
Vous avez tout essayé, et quelque chose résiste
Vous avez fait le travail. Vous avez lu les bons livres. Vous avez essayé la cohérence cardiaque le matin, la méditation guidée le soir, le yoga doux deux fois par semaine. Vous avez peut-être fait un programme de brain retraining, ou suivi des ateliers EFT, ou pris des séances de sophrologie. Tout ça vous a aidé, vraiment. Pendant un temps.
Puis quelque chose s’est arrêté. Les sensations reviennent. L’anxiété sociale qui n’est jamais tout à fait partie. La fatigue qui ne vous quitte pas. Cette tension dans la poitrine, ce serrement à l’estomac, ces nuits qui deviennent hachées. Vous reprenez la respiration, vous refaites les exercices, et vous sentez bien que ça calme la surface, mais que dessous, la machine tourne encore.
Une fatigue particulière s’installe. Celle d’être toujours en chantier. Celle de devoir, chaque jour, gérer son système nerveux comme on gère un dossier difficile. Vous commencez à vous demander si c’est vous, si vous êtes quelque part « défectueuse ».
Vous n’êtes pas défectueuse. Vous êtes peut-être simplement coincée à un endroit que les techniques actives visant à surmonter, à modifier, à réguler, ne suffisent pas à débloquer. C’est souvent le signe d’une dérégulation profonde du système nerveux qui demande un autre type de travail plutôt basé sur la reconnection à soi en enlevant les couches de protection désormais inutiles.
L’histoire de Cindy
Helmut Koeckritz — dont le travail centré sur la régulation du système nerveux nourrit ma pratique — anime depuis plusieurs années un travail centré sur la régulation du système nerveux. Dans un récent échange avec une femme appelée Cindy, je suis tombé sur un témoignage qui exprime parfaitement ce que je rencontre souvent au cabinet à Lausanne.
Cindy a passé sa vie malade. Une enfance négligée, une asthme sévère, une charge de stress accumulée pendant des décennies. À l’âge adulte, plus de cinquante symptômes chroniques : anxiété sociale au point de ne plus oser téléphoner, sensibilités alimentaires extrêmes (elle ne tolérait plus que quatre aliments), insomnie, palpitations, douleurs articulaires, gastrite, OCD, ruminations sur la mort. Trois décennies à traquer la cause : moisissures, intolérances, détox, régimes hypotoxiques. Tout cela l’a aidée jusqu’à un certain point, puis… tout a cessé de fonctionner.
Elle a fini par tomber sur la thérapie par la reprogrammation mentale. Un an et huit mois de pratique disciplinée, des résultats partiels, un plafond. Elle continuait, sans le voir, à vouloir éliminer ses symptômes. À les combattre, même avec des outils plus subtils.
Et puis elle est tombée sur le mot allowing. Accueillir, permettre. Faire connaissance avec le symptôme, l’inviter à rester, arrêter de le chasser. « What you resist will persist. What you’re willing to embrace, that’s how you erase it. »
En quelques semaines, quelque chose s’est dénoué. La diversité alimentaire est revenue. L’anxiété s’est apaisée. Pas parce qu’elle avait trouvé une nouvelle technique — au contraire. Parce qu’elle avait arrêté de faire la guerre… à elle-même.
Pourquoi vos techniques d’apaisement peuvent maintenir l’alarme
C’est la chose la plus contre-intuitive du travail système nerveux.
Quand une sensation désagréable monte — la pression thoracique, la pensée intrusive, le vertige, la boule à l’estomac — vous avez probablement appris à ne plus paniquer. Vous respirez. Vous faites votre cohérence cardiaque. Vous activez votre nerf vague. Vous mettez de la musique douce. Vous allez vous coucher avec une tisane.
Tous ces gestes peuvent être justes. Ils peuvent aussi être de la résistance déguisée en régulation. Le cerveau profond ne fait pas la différence entre « je combats ce symptôme » et « je le calme avec une technique ». Dans les deux cas, le message implicite envoyé au cerveau limbique reste exactement le même : cette sensation est un danger, je dois la faire partir.
Et ce qu’on combat persiste. C’est le constat central de toutes les approches contemplatives sérieuses, et c’est ce que la lecture polyvagale du système nerveux confirme. La résistance interne maintient l’alarme. Le système nerveux interprète la lutte comme la preuve qu’il y a bien un danger — sans quoi pourquoi se battrait-on ?
Voilà pourquoi, à un certain stade, plus vous pratiquez vos techniques avec l’intention de faire descendre la sensation, moins ça marche. Vous êtes devenue compétente, mais la posture active sous-jacente, elle, n’a pas changé.
Accueillir au lieu de combattre la sensation
Allowing n’est pas un mot facile à traduire en français. Accueillir. Permettre. Laisser être approche aussi. A ne surtout pas confondre avec : se résigner, abandonner, ou aimer la sensation. Personne ne demande d’aimer une douleur thoracique ou une attaque de panique.
L’idée, c’est d’arrêter d’investir de l’énergie dans le combat contre la sensation, mais lui permettre d’être là et de délivrer son message tant que cela est utile pour vous. Comme avec un enfant qui tente par tous les moyens d’attirer votre attention… jusqu’à ce que vous accueillez son message, son existence. Et il se calme immédiatement. Les parties de nous qui cohabitent à l’intérieur ne sont pas différentes.
Cindy raconte la même chose, avec ses mots à elle : « Make friends with everything you think you’re trying to get rid of. Embrace it, allow it to be there, ask it to stay. » Proposer à la sensation de rester tant qu’elle a un message à délivrer. C’est tellement loin de tout ce qu’on enseigne d’habitude que la première fois qu’on entend la phrase, on croit qu’on a mal compris. On a tellement peur de nos sensations corporelles !
C’est précisément ce déplacement de posture qui envoie au système nerveux le seul message qu’il attend pour redescendre : Je ne suis plus en lutte. Donc il n’y a plus de danger.
L’apport de l’hypnose ericksonienne
Le problème, c’est que Acceuillir, permettre, n’est pas une bonne intention que l’on tient avec sa volonté. Vous pouvez vous dire mille fois j’acceuille mes sensations, je leur permets d’être là, sentir que la sensation grandit, prendre peur, et basculer à nouveau en lutte intérieure dans la seconde qui suit. La posture s’effondre dès que la charge dépasse un seuil.
Créer cette posture autrement qu’avec la tête demande une approche différente menée en sécurité.
L’hypnose ericksonienne stimule un état de conscience particulier où l’attention se tourne vers l’intérieur, où le corps se détend, où les couches profondes du système nerveux deviennent accessibles — sans intellectualiser, sans devoir tout expliciter. Ce n’est pas du sommeil. Ce n’est pas une suggestion magique. C’est un espace où ce lâcher prise peut s’installer somatiquement, comme un état du corps, pas comme une décision mentale fragile.
Une fois cet état expérimenté en séance, il peut être ré-évoqué chez vous, dans la vie courante. Vous reconnaissez l’état corporel : le souffle qui descend, les épaules qui se relâchent, la pensée qui s’efface et passe au second plan. Vous savez ce que c’est, parce que vous l’avez incarné. Vous n’avez pas à tenter de le construire en partant de zéro avec votre volonté en une sorte de double lien impossible : « Je veux forcer ma volonté à passer au second plan ! »
C’est cette mémoire somatique de la connexion à soi-même qui change tout. C’est aussi ce qui ouvre la porte à un véritable travail de reconnexion au corps après un trauma, parce que le corps est rejoint dans l’authenticité de son langage à lui.
Le travail avec les parties de soi (IFS)
Une part de vous a appris très tôt à rester hyper vigilante. Elle a appris à scanner votre corps, à détecter avec appréhension les sensations désagréables, et à essayer de les isoler pour ne pas les ressentir. Elle fait ce travail pour vous protéger.
C’est poser en postulat que les sensations désagréables produites par notre corps sont mauvaises pour nous et donc à éviter. Et quant on y réfléchi, c’est exactement la doctrine que l’on a adopté dans notre société, du moins en Occident : supprimer les symptômes désagréables. Masquer la douleur, combattre le nez qui coule, le mal de tête, les symptômes d’indigestion, etc.
Alors que ce sont autant de signaux et de mécanismes automatiques de notre corps qui tentent de régler un dysfonctionnement et de rétablir notre harmonie interne.
On fait la même chose avec les émotions d’ailleurs : il ne faut pas pleurer, il ne faut pas être triste, il faut contrôler nos émotions…
Autant de façons de combattre ce que notre corps tente de régler ou de nous faire comprendre. Et ce genre de lutte interne est épuisante car l’on ne peut pas gagner contre soi-même !
Les parties qui génèrent ces symptômes ne sont pas nos ennemies, elles font leur travail brillamment envers et contre… notre propre rejet. Le travail avec les parties internes, l’approche IFS, propose d’accueillir nos sensations et émotions — pas de les combattre, pas de les faire taire. Expérimenter que ce travail peut se faire en sécurité, et que les sensations et émotions perdent de leur virulence une fois que notre attention
C’est exactement le même geste que celui de l’allowing. À une autre échelle. L’hypnose ericksonienne ouvre l’espace, l’IFS donne le langage pour rencontrer les parties intérieures concernées. Pour aller plus loin sur les techniques de régulation et leurs limites, voir comment réguler son système nerveux.
Ce qui se déplace, lentement
Au fil de la séance, quelque chose se réorganise en profondeur. Sans bruit. Vous ne devenez pas brusquement zen. La sensation peut encore monter. La différence, c’est qu’elle ne déclenche plus le réflexe de lutte intérieure.
Vous remarquez un jour que vous avez senti cette fameuse pression à la poitrine, et que vous n’avez rien fait de spécial. Vous l’avez laissée passer, comme un nuage qui traverse le ciel. Et elle a disparu aussi spontanément qu’elle est apparue. Vous remarquez que vous avez vécu une situation qui vous aurait mise en alerte trois mois plus tôt, et que cette fois, votre système nerveux n’a pas réagi de la même manière.
Votre système nerveux se réajuste lentement, à mesure qu’il apprend qu’il est possible d’avoir une sensation forte sans la combattre — et qu’elle disparaît naturellement après avoir fait son travail.
Si vous reconnaissez ce que je viens de décrire — cette fatigue d’être en lutte intérieure permanente, cette impression que toutes les techniques apaisent la surface sans toucher le fond —, je vous propose un entretien téléphonique de trente minutes, gratuit, pour que l’on regarde ensemble si mon approche pourrait vous convenir. Une éventuelle séance se déroule au cabinet à Lausanne, en hypnose ericksonienne, en présentiel.