Pourquoi vous tombez toujours sur le même genre de partenaire

En bref — Vous avez fait des listes. Vous avez identifié vos red flags. Vous avez juré, à vos amies, à vous-même, que cette fois ce serait différent. Et puis le scénario se répète. Ce n’est pas un manque de discernement. C’est un radar relationnel calibré dans une autre époque, par une histoire d’attachement qui ne vous a pas demandé votre avis. Tant que le travail se fait uniquement avec la tête, le radar ne change pas. C’est précisément là que l’hypnose ericksonienne, associée au travail des parts (IFS), permet d’aller modifier la couche qui choisit, en amont du raisonnement.

La même personne, un autre visage

Vous avez mûrement réfléchi pour écrire la liste : votre compagnon sera quelqu’un d’attentif, stable, qui sache écouter. Une personne qui ne prenne pas toute la place. Vous avez relu la liste. Vous avez dit oui pour un café, et vous avez dit non à trois autres parce que cette fois, vous savez. C’est enfin le bon.

Vous suivez votre « intuition ».

Et pourtant, six mois plus tard, vous voilà dans une variante d’un film déjà vu. Avec quelqu’un qui parle plus qu’il n’écoute. Quelqu’un qui manipule le lien et se rend juste assez indisponible pour entretenir l’attente. Quelqu’un qui finit, encore une fois, par occuper tout l’espace pendant que vous avez l’impression de rétrécir.

Une amie vous le dit, avec délicatesse : « C’est étrange, on dirait que tu tombes toujours sur le même type de personne. » Et malgré vos dénégations, vous savez qu’elle a raison. Une thérapeute américaine, en parlant à un patient dans la même situation, avait formulé la chose ainsi : La même personne, avec un visage différent. La phrase est pertinente. Elle est aussi décourageante. Y a-t-il une sorte de malédiction qui me poursuit ?

Vous ne faites plus confiance à votre intuition… et vous complétez la liste.

Si vous lisez ces lignes, vous avez probablement déjà tout lu sur les narcissiques, les pervers, les indisponibles, les attachements évitants, les relations toxiques. Vous êtes presque devenue experte. Et ça n’a rien changé.

Pourquoi sélectionnez-vous toujours le même type de personne ?

Le psychothérapeute américain Ross Rosenberg, qui travaille depuis trente ans sur la codépendance et qui est l’auteur de The Human Magnet Syndrome, utilise une image très simple. Il parle d’un broken picker, un « sélecteur » cassé.

Le sélecteur, c’est la partie de vous qui évalue et choisit. Elle vous indique vers qui aller, gère votre attirance, c’est cette partie qui induit le merveilleux cocktail d’hormones telles que la dopamine et l’ocytocine. Sauf qu’au lieu de vous pousser dans la direction d’une personne saine, ce sélecteur, chez certaines personnes, préfère vous mener dans la direction de ce qui est familier — même quand ce qui est familier n’est pas bon pour vous.

Rosenberg le formule sans détour : Vous avez accumulé toute la bonne information, et ça ne fonctionne pas parce que cette information va à l’encontre des forces inconscientes qui guident votre attraction. Autrement dit : la liste consciente que vous avez écrite ne pèse pas lourd face à votre inconscient qui, lui, est orienté vers autre chose.

Ce n’est pas une faiblesse. Ce n’est pas un défaut de jugement. C’est une stratégie qui a été élaborée, à votre insu, dans une époque où vous n’aviez pas le choix de vos relations. C’est aussi le terrain de fond de ce qu’on appelle la dépendance affective, et plus largement d’un trauma relationnel précoce.

Pourquoi votre liste consciente ne pèse rien face à votre histoire

Le mental conscient, celui qui écrit les listes, intervient en aval. Il évalue. Il rationalise. Il fait des bilans le dimanche soir.

Les mécanismes inconscients qui gèrent votre attirance sont ailleurs. Il sont dans la couche qui réagit en moins d’une seconde quand un regard croise le vôtre, quand le timbre d’une voix provoque des papillons dans votre estomac, quand la proximité avec autrui active une attente sourde que vous ne saviez même pas que vous portiez intérieurement. Cette couche-là réside dans votre système nerveux. Elle a été programmée dans les premières années de votre vie, par mille interactions répétées dont aucune, prise isolément, n’avait l’air de compter.

Et c’est cette couche qui décide qui vous attire. Le mental conscient, lui, arrive après — pour rationaliser le choix, ou parfois pour le regretter.

C’est ce qui rend la situation si déroutante. Vous savez ce que vous voulez, et vous sentez votre corps aller dans l’autre direction. Vous reconnaissez les signaux d’alarme, et pourtant vous ne les écoutez pas. Vous vous dites cette fois c’est différent, alors que vous sentez, sans pouvoir le formuler, que c’est exactement la même chanson qui se rejoue encore et encore.

Nos choix amoureux résultent de nos apprentissages d’enfants

L’attachement, c’est cette première école qu’aucun enfant ne choisit. C’est la qualité du lien que vos proches vous ont prodigué. Ce qu’elles ont su faire avec vos joies, vos peurs, avec votre besoin de lien et de proximité.

Pour certaines personnes, ce lien a été clairement conditionnel. Tu es aimée si tu réussis. Si tu fais peu de bruit. Si tu ne demandes pas trop. Si tu prends soin de l’humeur de l’autre avant de prendre soin de toi. L’enfant apprend très vite. Il apprend que pour rester en lien, il faut accepter de rentrer dans un moule. Et il développe un savoir-faire remarquable : capter la moindre nuance d’humeur de l’autre, anticiper, lisser, désamorcer, se conformer.

Devenue adulte, ce savoir-faire reste. Sauf qu’au lieu de servir à survivre, il oriente notamment le choix amoureux. Face à quelqu’un de complexe, tourmenté, « écorché » me disait une cliente, qui ne se livre pas, qui exige des efforts pour être satisfait — ça, je sais faire. Le système nerveux reconnaît la danse, et il se dit : familier. Et ce que le système nerveux appelle familier, il le considère aussi sécure, même quand ça ne l’est pas.

Voilà pourquoi quelqu’un de simple, de présent, de stable peut sembler ennuyeux, lisse, fade, un peu inquiétant même. Pas de matière à lire. Pas de tension à apaiser en permanence. Difficile de se situer et de plaire car les leviers habituels ne fonctionnent pas.

Aucun parent n’est ici à blâmer en bloc. La plupart de ceux qui ont transmis ces blessures portaient eux-mêmes leurs propres blessures non-traitées. Ce n’est pas un procès. C’est juste un état des lieux.

La danse qui se cherche

Rosenberg revient souvent à une métaphore que je trouve particulièrement pertinente : Une relation amoureuse est comme une danse : une personne qui mène, une personne qui suit. Pour que la danse fonctionne, il faut que les deux rôles soient là.

Quelqu’un qui prend tout l’espace a besoin de quelqu’un qui en prend peu. Quelqu’un qui ne se livre pas a besoin de quelqu’un qui se contente de ce qu’on lui donne. Les deux ne sont pas malades isolément. Ils s’emboîtent parfaitement à la mesure exacte de leurs blessures respectives.

C’est ce qui explique pourquoi vous reconnaissez ce type de personne avant même de la rencontrer vraiment. Le système nerveux fait son travail en silence. Il sait. Il vous oriente. Et vous ressentez cela comme de la chimie, comme de l’évidence, comme une rencontre qui signifie quelque chose de particulier. L’expression que vous utilisez parfois, c’est âme sœur. Alors que la définition plus correcte serait symétrie traumatique.

Une fois dans la relation, on parle d’autre chose

Tout ce que je viens de décrire concerne le moment d’avant. Le moment du choix. Le moment où cette partie en vous qui sélectionne fait son travail invisible et où vous croyez encore que c’est vous qui décidez.

Une fois la relation installée, c’est un autre mécanisme qui prend le relais — celui du lien traumatique au sens du cycle high/low, des moments d’intensité rare suivis de retraits prolongés, de cette boucle qui retient, où cohabitent attirance et répulsion, avec ses cycles perpétuels de séparations et de retours. C’est ce que je décris dans cet autre article sur le lien traumatique, si vous voulez comprendre pourquoi, une fois dedans, partir devient quasi impossible — et comment ce verrouillage peut aussi se défaire.

Mais le travail le plus en amont, celui qui arrête le scénario avant qu’il recommence, c’est celui qui touche à la partie inconsciente qui gère les critères de votre attirance. C’est de celle-là dont je veux vous parler ici.

Là où le vrai travail se fait

Comprendre tout ce qui précède est utile. Ça aide à se déculpabiliser. Ça aide à voir qu’on n’est ni faible, ni bête, ni en train d’affabuler.

Mais comprendre ne suffit pas. Notre inconscient n’écoute pas la pensée. Il répond à un autre type de signal — somatique, sensoriel, émotionnel, infra-langagier. Pour qu’il se reprogramme, il lui faut des expériences, pas une explication.

Un cadre thérapeutique peut s’avérer le lieu où mener une première expérience en sécurité. L’hypnose ericksonienne invite à un état de conscience différent, où l’attention se tourne vers l’intérieur, où le corps se détend, où la mémoire émotionnelle redevient accessible — sans qu’il soit nécessaire de tout raconter, sans intellectualiser. Ce n’est pas du sommeil. Ce n’est pas de la suggestion magique. C’est un espace où l’on peut rejoindre, en sécurité, la partie de nous qui a appris à choisir le familier-douloureux. C’est aussi ce qui ouvre la porte à un véritable travail de reconnexion au corps après trauma.

Couplée au travail des parts internes (l’approche IFS), cette ouverture permet de venir parler, en adulte, à cette partie qui croit encore que se fondre dans le moule de l’autre est la seule manière d’être aimée. De lui montrer qu’un adulte est là maintenant, qui sait écouter, tenir compte, et finalement faire les meilleurs choix possibles au présent. Que la situation a changé. Que sa stratégie, qui a été parfaitement adaptée à l’âge d’un enfant, n’est plus la seule option à l’âge adulte.

C’est ce que je propose au cabinet à Lausanne, en hypnose ericksonienne, avec le travail sur les parties de soi, et avec les outils de la PNL pour ancrer ce qui se découvre.

Changer la musique

Au fil de la séance, quelque chose de précieux reprend sa juste place, sans drame et sans catharsis. Vous ne devenez pas brusquement attirée par d’autres profils de personnalité. Vous remarquez juste, un jour, qu’un certain type de personnes ne vous fait plus le même effet, que vous ressentez une sorte de libération. Qu’une voix intérieure qui jadis prenait toute la place ne dispose plus à sa guise de votre volonté.

Notre inconscient ne se reprogramme pas en quelques minutes (hormis dans le cas d’un trauma). Il se réajuste lentement, à mesure que le système nerveux apprend qu’une autre forme de lien — moins dramatique, plus stable — est aussi possible, et que ce n’est pas insipide, c’est juste sain.

Si vous reconnaissez ce que je viens de décrire — cet épuisement de retomber toujours dans le même scénario, et cette impuissance à choisir autrement —, je vous propose un entretien téléphonique de trente minutes, gratuit, pour que l’on puisse discuter de ce qui vous préoccupe et voir si mon approche pourrait vous convenir. Le cas échéant, je reçois au cabinet à Lausanne, en hypnose ericksonienne.