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Sortir du figement et de la honte après un traumatisme
Vous ressentez de la culpabilité depuis un choc ? Découvrez comment sortir du figement et retrouver la paix. Prenez rendez-vous au cabinet à Lausanne.
« J’aurais dû agir. J’aurais dû me défendre. J’aurais dû crier, partir, faire quelque chose. »
Si cette phrase tourne en boucle dans votre tête depuis ce qui vous est arrivé — peut-être depuis des mois, peut-être depuis des années — je veux que vous sachiez une chose : ce que vous ressentez n’est pas un défaut de caractère, et vous n’y pouvez rien !
C’est l’une des réactions post-traumatiques les plus fréquentes. Et paradoxalement, c’est souvent le mécanisme qui vous a sauvée qui vous fait honte aujourd’hui.
Dans mon cabinet à Lausanne, j’accompagne régulièrement des clientes qui vivent avec ce poids. Elles m’expliquent qu’elles se sont figées. Qu’elles n’ont « rien fait ». Qu’elles ne se reconnaissent plus. Et cette paralysie, qui a duré quelques secondes ou quelques minutes au moment de l’événement, continue à les hanter des années plus tard — sous la forme d’une honte qui les empêche d’avancer.
Et si on changeait de regard sur ce qui vous est arrivé ?
Le figement traumatique : pourquoi votre corps s’est mis sur pause
Une réaction naturelle étouffée par le jugement
Tous les mammifères — y compris nous — vivent des stress aigus. Mais regardez un animal qui vient d’échapper à un danger : après le choc, il tremble. Parfois longuement. Ce tremblement n’est pas un dysfonctionnement. C’est la façon dont son système nerveux décharge l’énergie accumulée pendant la menace.
Les humains, nous avons en nous les mêmes ressources. Mais nous les inhibons. Pourquoi ?
Parce qu’on nous a appris, très tôt, que « pleurer c’est faiblir », que « rester figé c’est ne pas être courageux », que « trembler c’est gênant ». Le jugement social — de l’entourage, de la famille, parfois des institutions — nous apprend à étouffer les réactions physiologiques qui devraient nous permettre de nous remettre d’un choc.
Résultat : l’énergie du stress reste enfermée dans le corps. Et avec elle, tout un cortège de sensations qui se rappellent à nous à chaque fois qu’un déclencheur — un bruit, une odeur, une situation — active le souvenir.
Le figement est une protection, pas une faiblesse
La paralysie — le figement — n’est pas une erreur de votre système. C’est l’une des options de survie les plus sophistiquées dont dispose votre cerveau quand il évalue qu’il ne peut ni fuir ni combattre.
Un peu comme un animal qui fait le mort pour ne plus intéresser son prédateur (immortalisé dans une courte vidéo YouTube), votre système a choisi cette stratégie parce qu’à ce moment-là, c’était la meilleure option disponible. Ou parce qu’on vous a, inconsciemment, transmis cette façon de faire face au danger.
Ce n’est pas vous qui avez « choisi » de ne rien faire. C’est votre système autonome qui vous a mise en sécurité, avec les moyens qu’il avait.
Quand la peur se transforme en honte de soi
Voici ce que je constate régulièrement : c’est souvent le figement — plus que l’événement lui-même — qui génère le plus de souffrance post-traumatique. Parce qu’il ouvre la porte à une honte particulière : la honte de soi, la honte de ne pas avoir réagi « comme il fallait ».
Cette honte est si puissante que l’événement devient parfois indicible. Non pas parce que l’agression est trop dure à raconter — mais parce que la réaction est perçue comme humiliante. On se cache. On se tait. On se retire.
Et plus on se tait, plus la honte grandit.
Les blessures invisibles : impuissance et culpabilité
L’illusion de la toute-puissance ébranlée
Derrière la culpabilité post-traumatique, il y a presque toujours une pensée cachée : « J’aurais dû pouvoir faire face. »
Cette pensée, si logique en apparence, repose en réalité sur une illusion que nous portons tous — celle de la toute-puissance. Celle qui nous fait croire que si nous avions été « plus forts », « plus attentives », « plus lucides », rien ne serait arrivé.
Quand cette illusion se brise, elle laisse place à une conclusion dévastatrice : « Puisque je n’ai pas pu faire face, je ne vaux rien. » Et parfois même : « Je ne mérite pas de vivre. »
C’est ce basculement — de l’événement à l’identité — qui transforme un choc en blessure durable.
La perte brutale de confiance en la vie
Un traumatisme ne blesse pas seulement le corps ou l’esprit. Il ébranle le socle de valeurs sur lequel on avait construit sa vie.
Certaines clientes me disent qu’elles ne croient plus au monde. Plus dans la solidarité. Plus dans la justice. Plus dans les liens humains. Elles vivent « au jour le jour, sans espérer des jours meilleurs » — ce que l’un des auteurs qui nourrissent ma pratique appelle très justement une « non-vie ».
Derrière ce vide, l’émotion délivre un message : ce qui a été blessé, ce ne sont pas seulement vos sens — ce sont vos valeurs profondes. Votre foi dans ce qui vous permettait de tenir debout.
Retrouver l’alignement et la sérénité passe par l’écoute de ce message, pas par la volonté de « aller mieux ».
La dévictimisation : changer de regard sur votre histoire
Explorer le vécu présent plutôt que le passé
Une croyance tenace, héritée d’une certaine vulgarisation psychologique, voudrait qu’il faille revivre son traumatisme pour s’en libérer.
Je vous le dis clairement : ce n’est pas le chemin que je propose.
L’axe thérapeutique qui me paraît le plus juste — et qui rejoint le travail clinique de praticiens comme Wilfrid Martineau (Institut Milton Erickson de Nantes) — est de prendre en compte le vécu traumatique présent plutôt que l’histoire traumatique.
Ce qui signifie, concrètement :
- Nous ne partons pas du récit de l’événement
- Nous partons de ce que vous ressentez maintenant — la tension dans la gorge, l’estomac serré, la vigilance constante, la honte qui revient
- Nous apaisons ces sensations en sécurité, à votre rythme, avec l’hypnose comme outil de dialogue avec le corps
Ce recadrage — accompagner votre regard sur l’événement, plutôt que vous y replonger — c’est ce qu’on appelle la dévictimisation.
La dévictimisation n’est pas un déni
Soyons précis : dévictimiser, ce n’est pas dire « ce n’était pas si grave ». Ce n’est pas minimiser. Ce n’est pas demander d’oublier.
C’est vous aider à ne plus être la victime tout en reconnaissant pleinement que vous avez été victime.
La différence est immense. Dans le premier cas, l’événement devient votre identité. Dans le second, il devient un chapitre — un chapitre terrible, mais un chapitre — d’une histoire qui continue, qui vous appartient, et dont vous redevenez l’autrice.
Le principe est tout un ART : Accueillir ce qui a été vécu, Ressentir ce qui demande à l’être, Transformer le regard porté sur soi.
Retrouver ses propres ressources
Derrière chaque cliente qui vient me voir, il y a une force que l’événement n’a pas éteinte. Elle s’est parfois cachée sous la honte, la paralysie, la colère. Mais elle est là.
Accepter sa vulnérabilité, paradoxalement, est ce qui permet de reconnecter avec cette force. Parce que la vulnérabilité reconnue n’est plus une faiblesse — c’est une humanité. Et c’est de cette humanité retrouvée que naît la possibilité d’un nouvel alignement et d’une sérénité stable.
Comment l’hypnothérapie peut-elle vous accompagner ?
Quand l’anxiété ou les reviviscences sont très intenses, des traitements médicamenteux peuvent être utiles — ils devraient cibler les périodes de crise. L’hypnothérapie travaille sur un plan différent : la dévictimisation et la restauration du lien à soi.
Dans mon cabinet à Lausanne, je propose concrètement :
- Un cadre relationnel stable et inconditionnel — je ne juge pas, vous n’avez rien à prouver et votre sécurité est ma première priorité
- Un travail par questionnement et non par injonction — vous gardez la main
- Une attention fine au corps — descendre en sécurité de la tête vers le corps
- Des outils comme l’hypnose ericksonienne, l’IFS, et l’ART pour accompagner le recadrage
- Des protocoles de réassociation en fin de séance pour ne pas vous laisser dans la dissociation
- Un travail progressif de dévictimisation — à votre rythme
Je ne peux certainement pas « guérir » votre passé. Je vous propose un chemin pour que votre passé cesse d’occuper tout votre présent.
Questions fréquentes
Pourquoi suis-je restée bloquée au lieu de me défendre ?
Le figement (ou la paralysie) est un mécanisme physiologique involontaire et naturel de protection face à un stress extrême. Ce n’est pas une faiblesse — c’est votre corps qui a choisi la meilleure stratégie de survie à ce moment précis, en quelques fractions de seconde, bien avant toute réflexion consciente.
Pourquoi est-ce que je ressens de la honte alors que je suis la victime ?
La paralysie génère souvent une perte d’estime de soi, renforcée par l’illusion que l’on « aurait dû pouvoir agir ». Le jugement de l’entourage face à ces réactions physiologiques amplifie cette honte. Elle n’est pas méritée — elle est une séquelle du traumatisme, et elle peut se dissoudre quand on lui rend sa juste place.
Dois-je revivre tout mon traumatisme pour guérir ?
Non surtout pas ! Le travail thérapeutique que je propose — la dévictimisation — se concentre sur votre vécu émotionnel présent pour apaiser les sensations corporelles en sécurité, sans vous obliger à replonger dans l’histoire passée. On travaille sur les parties en souffrance, pas avec la régression.
Pour aller plus loin
Si cet article résonne en vous, si cette culpabilité et cette honte vous épuisent depuis trop longtemps, je vous propose un premier pas : prendre rendez-vous.
Le principe est tout un ART — Accueillir, Ressentir, Transformer — et je suis là pour vous accompagner, à votre rythme, dans un cadre stable et inconditionnel.
👉 Prendre rendez-vous au cabinet à Lausanne : hypnose-lausanne.online
Source d’inspiration théorique : article « Le vécu psychotraumatique — Faciliter un recadrage, une « dévictimisation » », par Wilfrid Martineau (CHU de Nantes, Institut Milton Erickson de Nantes), publié dans Hypnose & Thérapies Brèves, Hors-Série N°18.
Pour aller plus loin
- 👉 Surmonter un traumatisme : se libérer du sentiment d'abandon — Quand le vrai cœur de la souffrance post-traumatique est le sentiment d'abandon
- 👉 Rumination anxieuse : sortir du cercle — Comment les pensées post-traumatiques s'installent — et comment s'en libérer
- 👉 Traumatisme — la page complète — Comprendre et traverser un traumatisme avec l'hypnothérapie
- 👉 Références bibliographiques — Traumatisme — Les ouvrages qui nourrissent ma pratique sur le trauma