Gérer son stress avec l’hypnose : une thérapie rapide et efficace

De nombreuses techniques pour gérer son stress au quotidien sont accessibles. On peut limiter les symptômes, mais comment agir sur nos croyances pour prévenir le stress ?

En bref — Gérer son stress ne se limite pas à en réduire les symptômes : respiration, sport ou méditation soulagent, mais laissent souvent intactes les croyances qui nous poussent à trop en faire. En Suisse, 42,4% des travailleurs se disent souvent stressés (Baromètre Conditions de travail 2025, Travail.Suisse & Haute école spécialisée bernoise). L’hypnose ericksonienne et l’hypnose conversationnelle proposent une autre piste : identifier, avec douceur, les croyances qui pilotent nos comportements face aux sollicitations.

La tête qui ne s’arrête pas, la boule au ventre, le sentiment de courir après sa journée sans jamais rattraper : quand le stress s’installe, on cherche vite comment le faire baisser. Sur Google, les requêtes « Comment gérer son stress chronique« , « Comment bien gérer son stress et ses émotions » ou encore « Gérer son stress au travail » reviennent parmi les plus fréquentes. Les réponses tournent souvent autour de la respiration, du sport, de moments passés avec des amis, d’une activité artistique, du yoga, de la méditation ou de la pleine conscience.

Mais en voulant gérer son stress en diminuant la sévérité des symptômes, au même titre que les médicaments d’ailleurs, ne passons-nous pas à côté de l’essentiel du problème ? Apaiser les symptômes ne résout que rarement la cause sous-jacente, bien au contraire. Moins le problème est visible, moins on s’en préoccupe…

Tout cela est certainement efficace pour récupérer rapidement de l’énergie, mais n’est-ce pas notre approche du monde moderne axé sur la performance et la sur-stimulation qui nous conduit vers l’épuisement ? En Suisse, le Baromètre Conditions de travail 2025 de Travail.Suisse et de la Haute école spécialisée bernoise (BFH), mené auprès de plus de 1’400 personnes, révèle que 42,4% des travailleuses et travailleurs se disent souvent ou très souvent stressés, et 41,1% ressentent un épuisement émotionnel fréquent en fin de journée. Oui les opportunités de sollicitations sont innombrables, mais nous avons malgré tout une grande part de choix : lesquelles choisissons-nous de prendre comme contraintes ?

Un exemple classique pourrait être notre disponibilité aux sollicitations extérieures. Par exemple :

  • Ai-je vraiment besoin de répondre immédiatement au téléphone, ou est-ce que je m’autorise à rappeler à un moment plus opportun ?
  • Dois-je vraiment répondre immédiatement à un message WhatsApp ? A un email ?
  • Dois-je vraiment être notifié de chaque message arrivant sur mon téléphone portable, et le lire ?

Dans une approche d’hypnose ericksonienne, et plus particulièrement selon les principes de l’hypnose conversationnelle, j’aimerais vous proposer une autre piste focalisée sur les croyances qui vous conduisent à vivre une vie stressante.

Car ce sont ces croyances qui pilotent vos besoins et vos comportements. Il vaut certainement la peine de les identifier, et de vérifier qu’elles correspondent à la personne que vous voulez être, autrement dit qu’elles fassent sens.

Réduire les symptômes ou agir sur ce qui déclenche le stress ?

Le stress est un mécanisme d’adaptation naturel : face à une contrainte, le corps mobilise son énergie. Or l’intensité de cette réponse dépend surtout de l’interprétation que l’on donne à la situation, pas seulement de la situation elle-même. Un même email, une même échéance, une même remarque ne pèseront pas le même poids selon ce que nous en faisons intérieurement.

Le stress ponctuel n’a rien d’inquiétant. C’est son installation dans la durée qui use : sommeil, digestion, humeur, lien aux autres finissent par en pâtir. Pour comprendre le stress chronique et ses effets — mécanismes physiologiques, phases, différences avec l’anxiété et le burn-out —, je vous renvoie à la page dédiée. Cet article, lui, part d’une autre question : que se passe-t-il en amont, au niveau des croyances qui nous poussent à trop en faire ?

Quelles questions se poser pour gérer son stress en amont, avant qu’il ne s’installe ?

Comme nous l’avons vu, il est certes possible de réduire les symptômes du stress par le biais de stratégies de récupération comme la pratique du sport ou de techniques de relaxation.

Pour intervenir en amont et gérer son stress sur un mode préventif plutôt que curatif, il pourrait être intéressant de considérer sérieusement votre réponse aux questions suivantes :

1. Quelle part du stress que j’éprouve est utile, et quelle part est exagérée ? A quoi est-ce que je le sais ?

2. Quelles sont les sollicitations qui sont alignées avec mes buts personnels, et qu’est-ce qui ne me correspond pas totalement ?

3. Quels sont mes buts, mes aspirations réelles ? En quoi est-ce en lien avec ce que je vis actuellement ?

4. Parmi toutes les sollicitations qui m’arrivent dessus, lesquelles sont vraiment importantes pour moi ? Qu’est-ce qui me fait penser cela ?

5. Quelles sont les contraintes réelles, où je n’ai pas le choix, et quelles sont les contraintes pour lesquelles je dispose d’une liberté de manœuvre (faire ou ne pas faire, timing, qualité, quantité, etc.) ?

6. Qu’est-ce qui est réellement urgent ? Qui a décidé cela ?

7. Qu’est-ce qui apporterait le maximum de résultats avec le minimum d’énergie ?

8. Dans ma situation, vaut-il mieux disperser mon énergie sur plusieurs tâches simultanément ou me concentrer sur la tâche qui apportera le plus de valeur ?

9. Où est-ce que je place la limite ? Comment est-ce que je saurai que je l’ai atteinte ? Qu’est-ce que je ferai si je l’atteins ?

10. Suis-je capable de prendre soin de moi et gérer mon stress, ou ai-je besoin de l’aide bienveillante de mes proches ?

Ce sont certainement des questions qu’un thérapeute pourrait poser en hypnose conversationnelle, où l’utilisation des moments d’inattention consciente permet d’entrer plus profondément dans la partie de vous qui solidifie vos convictions. Car d’où nous vient ce besoin de « performance », ou cette importance que nous donnons au jugement d’autrui ? Remonter à ce niveau permet d’identifier et d’assouplir des croyances qui ne nous appartiennent pas, qui ne nous correspondent pas ou plus. Le philosophe stoïcien Épictète l’exprimait déjà dans son Manuel : « Ce ne sont pas les événements qui troublent les hommes, mais l’idée qu’ils s’en font ». Une intuition que l’hypnose ericksonienne rejoint à sa manière, en travaillant sur le sens que nous donnons aux sollicitations plutôt que sur les sollicitations elles-mêmes. Mais une partie du travail « de surface » pour mieux gérer son stress peut déjà s’effectuer en se posant les bonnes questions.

Faut-il consulter pour gérer son stress chronique ?

Le stress psychique est une réponse normale de notre corps, qui mobilise nos ressources et notre énergie pour surmonter une difficulté réelle ou imaginée. Vivre en état de stress permanent, en revanche, finit par nous coûter cher : dans le corps, dans la tête, et dans notre lien aux autres.

Les réponses classiquement conseillées pour gérer son stress tournent autour de la réduction des symptômes. Mais mieux vaut souvent prévenir en amont plutôt que d’attendre l’épuisement.

Nous avons vu que l’intensité de notre stress dépend largement de l’interprétation que l’on donne aux contraintes. Il semble donc intéressant d’apprendre à gérer son stress en prenant un peu de recul et en se posant les bonnes questions, seul(e) ou avec l’aide d’un proche. Et si cela ne suffit pas, un premier échange téléphonique gratuit d’une trentaine de minutes permet d’évaluer ensemble si l’hypnose ericksonienne peut vous convenir. Souvent, une seule séance suffit à amorcer un déclic et à remettre certaines croyances à leur juste place.

Au-delà des croyances qui pilotent notre rapport aux contraintes, le corps suit aussi une logique propre, que je décris dans l’article sur la régulation du système nerveux et ses quatre phases.


Pour aller plus loin

Pour les particuliers

  • Christophe André & Olivia Hagimont, Ça n’a pas l’air d’aller du tout ! (Odile Jacob, 2012) — reconnaître et apaiser le stress au quotidien.
  • Clémence Peix Lavallée, Trouver ses forces intérieures (Odile Jacob, 2017) — sophrologie et ressources face au stress.
  • André Marchand et al., La peur d’avoir peur (Le Livre de Poche) — comprendre l’anxiété anticipatoire.

Références professionnelles

  • Dominique Servant, Gestion du stress et de l’anxiété (Elsevier Masson) — manuel clinique de référence.
  • Giorgio Nardone, Peur, panique, phobies (Éditions Psychosolutions, 2005) — l’approche stratégique brève.
  • Antoine Bioy & Isabelle Célestin-Lhopiteau, Aide-mémoire Hypnothérapie et hypnose médicale (Dunod, 2014) — hypnose appliquée au stress et à la douleur.

Voir aussi

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