Hypnose et troubles psychosomatiques

L'hypnose peut-elle aider au traitement des troubles psychosomatiques ? La réponse est clairement "Oui". Pourquoi, comment, tel est le but de cet article.

En bref — Une migraine qui revient, des tensions qui s’installent, un ventre qui se serre, un eczéma qui s’allume sans raison apparente. Ce n’est pas « dans la tête », c’est un symptôme physique réel qu’un stress ou une émotion non accueillie entretiennent dans le corps. Le corps exprime ce que l’esprit n’a pas pu mettre en mots. Qu’est-ce qui se joue vraiment à l’intérieur de nous quand le corps parle ainsi, et comment l’écouter pour retrouver la sérénité, telle est l’ambition de cet article.

Dernière mise à jour : 15 juin 2026

L’hypnose thérapeutique peut-elle aider au traitement des troubles psychosomatiques ?

Permettez-moi de commencer par la réponse : OUI

Mais avant toute chose, si vous ressentez des douleurs persistantes dans votre corps, prenez rendez-vous avec votre médecin ! De nombreux autodiagnostics ou informations trouvées sur Internet sont incorrects et risquent de retarder le rétablissement.

Il serait dommage de passer à côté d’un véritable problème médical ! Je vous invite donc à consulter votre médecin avant de partir à la recherche de méthodes alternatives.

Qu’est-ce qu’un « trouble psychosomatique » ?

Un trouble psychosomatique désigne un symptôme physique bien réel — douleurs, troubles digestifs, fatigue — dont l’origine est en partie émotionnelle plutôt que strictement organique. Le corps exprime ce que le psychisme n’a pas pu dire autrement. Ce n’est ni imaginaire ni « dans la tête » : la souffrance est concrète, mais sa source tient souvent au stress ou à des émotions réprimées.

L’eczéma, l’hypertension artérielle, les migraines, les douleurs dorsales, le zona, l’alopécie, le syndrome du côlon irritable et les problèmes gastro-intestinaux sont les exemples les plus courants de troubles psychosomatiques.

Dans bon nombre de ces cas, les médecins ou les spécialistes sont incapables d’identifier une cause physique valable du symptôme ou concluent que le traitement est complet alors que la douleur n’a pas disparu.

Ces problèmes physiques se manifestent dans diverses parties du corps et sont parfois alimentés par des traumatismes refoulés et des émotions négatives. Beaucoup de ces troubles psychosomatiques ont en commun le stress, l’anxiété ou des traumatismes non résolus.

Lorsque nous avons du mal à faire face et résoudre les facteurs de stress, les angoisses, les ressentiments et les expériences négatives qui affectent notre subconscient, ces problèmes sont souvent occultés par notre mental et ils réapparaissent dans notre corps.

Le lien entre l’esprit et le corps

L’esprit et le corps sont intrinsèquement liés, ils ne font qu’un. Les émotions, les chocs du passé se cristallisent dans notre corps. Il retient tout. Mais les accidents et la maladie ne sont pas des fatalités, chacun peut redevenir acteur de sa vie et se réapproprier le pouvoir de changer.

« Nous transférons les sentiments que nous ne parvenons pas à gérer dans notre esprit.
Et lorsque l’esprit conscient ne peut pas les gérer, il les transfère au corps
« , a déclaré le Dr Kappas, célèbre hypnotiseur et psychothérapeute, à propos du lien entre l’esprit et le corps.

Ce n’est pas une coïncidence si, lorsque nous ne nous sentons pas bien mentalement, notre système immunitaire s’affaiblit et nous devenons plus vulnérables aux soucis physiques.

Parfois, nous avons des problèmes de santé mineurs, comme attraper un rhume ou avoir mal à la tête, mais d’autres fois, cela peut être beaucoup plus grave et se manifester sous la forme de maladies dangereuses comme le cancer, la mononucléose, ou la sclérose en plaques.

Les traumatismes, et notamment ceux rencontrés dans l’enfance, sont également largement susceptibles de contribuer aux troubles psychosomatiques.

La plupart d’entre nous ont des parties de leur corps à la santé plus fragile. Lorsque notre état émotionnel est plus vulnérable que d’habitude, ces parties faibles ont tendance à émerger. Un exemple classique est celui d’un enfant qui a eu la varicelle dans son enfance et qui développe ensuite un zona à l’âge adulte lorsqu’un facteur de stress émotionnel le déclenche.

Le stress peut-il vraiment causer des symptômes physiques ?

Oui — et c’est même beaucoup plus fréquent qu’on ne l’imagine. Quand une tension émotionnelle ne trouve pas d’issue par la parole ou la conscience, le corps prend le relais : il l’exprime sous forme de douleur, de tension musculaire ou de trouble fonctionnel. Le symptôme est bien réel ; ce n’est pas « dans la tête ». C’est simplement le corps qui parle un autre langage.

L’ampleur du phénomène surprend souvent. En médecine générale, on estime qu’entre 15 % et 30 % des personnes consultent, à un moment de leur vie, pour des symptômes physiques sans cause organique clairement identifiable[1]. Autrement dit : le corps qui exprime une charge émotionnelle n’est pas une exception. Reconnaître cette part émotionnelle ouvre une autre voie d’accompagnement.

Comment l’hypnose ericksonienne peut-elle aider au traitement des troubles psychosomatiques ?

Avec l’hypnose ericksonienne, on agit sur les deux moteurs les plus fréquents des troubles psychosomatiques : les traumatismes émotionnels réprimés, restés bloqués dans le corps, et l’anxiété qu’entretient la douleur elle-même. Plutôt que de faire taire le symptôme, on écoute ce qu’il signale, pour que le système nerveux relâche enfin ce qu’il retenait.

Libération de la détresse émotionnelle

Pour aider à résoudre les troubles psychosomatiques avec une thérapie par l’hypnose, le praticien va probablement utiliser une approche basée sur la relaxation. Le corps et l’esprit sont alors complètement détendus pendant la thérapie.

L’objectif sera généralement d’expulser toutes les émotions négatives du corps/esprit.

L’approche thérapeutique permettra tout d’abord d’identifier et de libérer en parfaite sécurité les émotions négatives associées aux traumatismes ainsi qu’aux facteurs de stress, puis elle va s’attacher à retrouver un véritable sentiment de paix intérieure.

Les traumatismes et les expériences passées sont libérés durant la transe légère ainsi que pendant la partie consciente de la thérapie à l’aide de diverses techniques hypnotiques telles que l’imagerie guidée, la régression, l’approche symbolique et les suggestions hypnotiques.

Il y a une infinité d’approches possibles. Un thérapeute expérimenté va vous accompagner sur la base de votre réalité et il va adapter en permanence son accompagnement afin d’utiliser ce qui vous correspondra le mieux.

Soulager l’anxiété anticipée liée à la douleur

Un autre avantage de l’hypnose clinique est qu’elle va permettre d’atténuer rapidement l’anxiété anticipée de la douleur.

La plupart du temps, lorsque nous ressentons une gêne (sous forme de douleur ou de courbature), nous pensons que la douleur ne disparaîtra pas de sitôt, ou qu’elle ne fera que s’aggraver.

Nous finissons parfois même par imaginer comment sera notre vie lorsque la douleur sera encore plus forte qu’aujourd’hui. Et durant les périodes de rémissions, lorsque les symptômes sont absents, nous anticipons avec anxiété le moment où la douleur va revenir. Et devinez quoi… nous finissons par trouver ce que nous recherchons.

En d’autres termes, nous avons tendance à utiliser notre imagination pour prédire des résultats négatifs, et cette prédiction a tendance à se réaliser.

La douleur est une interprétation mentale que notre cerveau donne à un signal nerveux provenant de notre corps. Le signal remonte le long de nos nerfs périphériques jusqu’au cerveau, et notre esprit lui donne une signification (basée sur nos croyances et expériences passées) qui va nous pousser à agir.

Pendant l’hypnothérapie, nous rétablissons une base mentale positive et saine pour notre client, nous révisons ses croyances au sujet de la douleur en lui faisant prendre conscience que la douleur n’est ni permanente, ni une fatalité. Réaliser que nous avons le pouvoir sur ce que nous ressentons permet de reprendre le contrôle et d’agir !

Tout le travail de l’hypnothérapeute va donc se concentrer sur le sens que nous donnons à ce signal d’alerte, ainsi que sur nos possibilités d’action. Lorsque le signal a bien été pris en compte, il perd de son utilité et a tendance à disparaître car notre cerveau va aussi avoir bien d’autres priorités à traiter.

En résumé, l’hypnose va transformer le modèle d’attente négative passive en un modèle d’espoir positif et d’action. Il est ainsi possible de se libérer de l’anxiété et du stress associés à l’anticipation négative.

Réduire la douleur et les symptômes

Pendant les séances d’hypnothérapie, nous nous concentrons également sur les symptômes et les points douloureux. Nous cherchons à relâcher la pression de ces zones affectées. L’esprit et le corps sont liés, et l’esprit peut supprimer la douleur… de la même manière qu’il la crée dans notre cerveau.

Par exemple il nous est tous arrivé de nous heurter le pied contre un obstacle. La douleur est vive, elle occupe à raison une grande part de notre attention. Puis elle s’atténue généralement assez rapidement, n’est-ce pas, et nous passons à autre chose. Ce contraste est encore plus frappant chez les enfants, qui passent des pleurs au rire en quelques secondes dès que leur attention est détournée.

Sous hypnose, l’hypnothérapeute cible le subconscient, la partie de l’esprit qui est à l’origine des croyances liées à la douleur et à l’anticipation. Grâce à diverses techniques hypnotiques, il est possible de réduire progressivement la douleur telle que notre cerveau la conçoit.

Dans les troubles psychosomatiques, l’esprit essaie généralement de signaler quelque chose qui nécessite une attention intérieure. S’il n’y arrive pas par la raison, il s’y prendra autrement afin que l’on prenne soin de nous-même. Une fois que la raison est reconnue et traitée, le soulagement sera durable.

Comment l’hypnose agit-elle sur un symptôme lié au stress ?

Elle ne s’attaque pas au symptôme de front. Elle s’adresse au système nerveux qui l’entretient. Sous hypnose ericksonienne, le corps et l’esprit retrouvent un état de sécurité ; à partir de là, la tension qui nourrissait le symptôme peut commencer à se relâcher. On n’efface pas une mémoire : on apprend au corps qu’il n’a plus besoin de monter la garde.

Le psychiatre Bessel van der Kolk, auteur de l’ouvrage de référence Le corps n’oublie rien, résume cette mémoire corporelle : « Traumatized people chronically feel unsafe inside their bodies: The past is alive in the form of gnawing interior discomfort. »[2] (« Les personnes traumatisées se sentent durablement en insécurité à l’intérieur de leur propre corps : le passé y reste vivant, sous la forme d’un inconfort intérieur lancinant. ») C’est précisément ce sentiment d’insécurité que le travail thérapeutique cherche à apaiser — pour que le corps n’ait plus besoin de sonner l’alarme. Selon le vécu, j’associe à l’hypnose un travail avec les parties de soi (IFS), qui permet d’écouter ce que la partie « gardienne » cherche à protéger plutôt que de la faire taire.

Aucun effet secondaire

Lorsque l’hypnose thérapeutique est pratiquée par un hypnothérapeute bien formé, non seulement elle offre de grandes possibilités de résoudre les troubles psychosomatiques, mais elle ne présente pas d’effets secondaires, ce contrairement aux méthodes traditionnelles qui font souvent appel à des médicaments contre la douleur (antalgiques).

Outre les effets secondaires de ces médicaments, leur utilisation pendant de longues périodes va diminuer leur efficacité et peut affecter la santé du foie notamment.

Une thérapie par l’hypnose va ainsi aider à éliminer ou réduire l’utilisation de médicaments contre la douleur dont la consommation ne résout pas le problème de fond et s’avère finalement néfaste pour notre santé.

Quels symptômes peuvent être psychosomatiques ?

De nombreux symptômes physiques pour lesquels les médecins ne trouvent pas de cause organique peuvent comporter une dimension psychosomatique : maux de tête et migraines, troubles digestifs (ventre noué, côlon irritable), douleurs chroniques diffuses, tensions musculaires, problèmes de peau comme l’eczéma, fatigue persistante et troubles du sommeil. Le corps somatise alors une tension bien réelle, jamais inventée.

Ces signaux méritent toujours d’être pris au sérieux. Seul un médecin peut écarter une cause organique grâce à un bilan approprié : l’hypnose ericksonienne vient en complément de ce suivi, jamais à sa place. Quand les examens reviennent normaux, cela ne signifie pas qu’il n’y a rien — cela ouvre une autre piste de lecture, celle d’un système nerveux saturé qui s’exprime à travers le corps. Pour aller plus loin, vous pouvez lire migraines, eczéma et somatisations ainsi que quand les médecins ne trouvent rien. Chaque parcours est singulier, et chaque symptôme raconte quelque chose qui mérite d’être écouté.

Si c’est psychosomatique, est-ce que c’est imaginaire ?

Non. Un symptôme psychosomatique est 100 % réel : la douleur, la tension ou l’inflammation se mesurent dans le corps. Psychosomatique ne veut pas dire imaginaire, ni « dans la tête ». Cela signifie que le système nerveux exprime à travers le corps une charge émotionnelle que l’esprit ne peut pas porter seul. Vous ne fabriquez rien, et vous n’êtes responsable de rien.

Cette distinction change tout, parce qu’elle déculpabilise. Beaucoup de clientes arrivent épuisées d’avoir entendu, parfois implicitement, que leur souffrance n’était pas légitime. Or le corps ne ment pas : il signale fidèlement une surcharge ancienne, souvent liée à des blessures que le mental a mises de côté pour tenir. L’hypnose ericksonienne permet d’approcher ces tensions avec douceur, et le regard des parties de soi (IFS) aide à comprendre qu’une partie protège, pendant qu’une autre porte la douleur. Accueillir ce langage du corps, plutôt que le combattre, ouvre souvent un apaisement durable — toujours en complément d’un suivi médical.

Conclusion

Les troubles psychosomatiques sont hélas fréquents dans notre société. Il faut dire que les causes de stress, d’anxiété et de traumatisme ne manquent pas. Nous avons également appris à « être fort », autrement dit à refouler les problèmes, et les antalgiques universellement disponibles sont fréquemment notre façon primaire d' »aller mieux ». Oui, mais…

La douleur a une utilité, elle est ressentie dans le corps lorsque les terminaisons nerveuses sont stimulées. C’est un signal qui permet d’attirer notre attention sur quelque chose qui ne va pas dans notre organisme, et qu’il faut soigner.

Le recours à l’hypnose thérapeutique peut s’avérer très utile dans le cas des troubles psychosomatiques, car c’est une forme de thérapie brève qui permet à la fois de libérer le stress émotionnel et de soulager l’anxiété anticipée liée à l’inconfort, mais aussi réduire l’intensité de la douleur.

Votre esprit est beaucoup plus fort que vous ne le pensez, et il serait dommage de passer à côté de techniques douces et cependant extrêmement efficaces !

Quelques références pour en apprendre davantage sur les troubles psychosomatiques

ODOUL Michel, Dis-moi où tu as mal, je te dirais pourquoi, Editions Albin Michel, 2022

FIAMMETTI Roger, Le langage émotionnel du corps, Editions Dervy, 2004

Dr. PENCALET Philippe, Hypnose et Auto-Hypnose pour soulager la douleur, ça marche !, Editions Albin Michel, 2018

Pour les professionnels

  • Bessel van der Kolk, Le corps n’oublie rien, éd. Albin Michel, 2018 — l’ouvrage de référence sur l’empreinte corporelle du traumatisme.
  • Antoine Bioy & Isabelle Célestin-Lhopiteau, Aide-mémoire Hypnothérapie et hypnose ericksonienne, éd. Dunod, 2014 — cadre clinique de l’hypnose appliquée à la douleur, l’anxiété et le psychosomatique.
  • Stephen W. Porges, La théorie polyvagale, éd. EDP Sciences, 2021 — pour comprendre le rôle du système nerveux autonome dans la sécurité corporelle et la régulation du stress.

Quand le corps exprime ce que les mots n’ont pas pu dire

Si vous reconnaissez votre histoire dans ces lignes, sachez qu’un symptôme entretenu par le stress peut s’apaiser, lentement, à mesure que le système nerveux réapprend à se sentir en sécurité. J’accompagne mes clients à Lausanne avec l’hypnose ericksonienne, souvent associée au travail avec les parties de soi (IFS). Un premier échange téléphonique de 30 minutes, gratuit et sans engagement, permet de voir si cet accompagnement vous correspond.

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