Comprendre les troubles anxieux : formes, mécanismes et approches thérapeutiques

Peur, anxiété, angoisse… ces mots sont souvent utilisés comme synonymes, mais ils désignent des réalités différentes. Comprendre ces mécanismes, c’est le premier pas pour s’en libérer.

Cet article vous propose un tour d’horizon des différentes formes de troubles anxieux, de leurs mécanismes biologiques et psychologiques, et des principales approches thérapeutiques.

L'anxiété : du normal au pathologique

La peur est une émotion qui accompagne la prise de conscience d’un danger potentiel clairement identifié, ce qui provoque une réaction de défense (combat, fuite, ou immobilisation).

L’anxiété préfigure un danger identifié à venir, et qui ne se limite pas à l’intégrité physique. Des situations menaçantes, complexes, peuvent déclencher une anxiété comme la séparation avec les personnes qui nous sont proches, la confrontation à la nouveauté ou à l’incertitude, et l’anticipation d’un conflit. Parfois aussi nous nommons « anxiété » un mal-être plus général, dont les racines sont parfois liées à un traumatisme que notre esprit garde refoulé.

L’angoisse est un sentiment plus diffus, plus global, qui ne relève pas d’un danger identifié. Rien de présent à la conscience ne justifie l’angoisse.

L’anxiété n’est pas problématique en soi mais fait partie du registre émotionnel humain normal. L’anxiété est un facteur d’adaptation permettant de faire face aux situations de danger et d’urgence : détecter un danger, l’évaluer, préparer les comportements de défense, et enregistrer un apprentissage utilisable si une situation similaire venait à se reproduire.

À partir d’un certain degré, l’anxiété devient une forme de souffrance, pénible et envahissante, et elle se met à entraver l’individu dans ses capacités d’adaptation et d’action face au monde environnant.

Les différentes formes de troubles anxieux et leurs symptômes

Le trouble de l’adaptation avec anxiété correspond à un état d’anxiété modérée, ne persistant que quelques semaines après un événement de vie difficile.

Une attaque de panique est un épisode anxieux aigu dont la survenue est le plus souvent imprévisible, spontanée, non déclenchée par des stimuli ou des situations particulières.

Le trouble panique (qui touche 1%-3% de la population) est défini par la récurrence d’attaques de panique dont certaines sont imprévisibles, entraînant une gêne quotidienne et une anxiété anticipatoire quasi constante.

L’agoraphobie complique souvent le trouble panique car elle est une anxiété liée au fait de se retrouver dans un endroit ou une situation d’où il pourrait être difficile ou gênant de s’échapper.

Les phobies sont caractérisées par une peur intense d’objets ou de situations non réellement dangereux. Toute confrontation réelle ou en imagination avec l’objet ou la situation en cause provoque une anxiété qui peut aller jusqu’à une attaque de panique.

Le trouble obsessionnel compulsif correspond à des pensées irrépressibles ou à des actes que le sujet se sent contraint d’effectuer sous forme de rituels, tout en reconnaissant le caractère absurde.

Le trouble anxieux généralisé renvoie à une inquiétude quasi permanente et durable (au moins 6 mois), concernant divers motifs de la vie quotidienne, sans possibilité de se raisonner et de contrôler ces ruminations.

Le syndrome de stress post-traumatique survient dans les suites d’un traumatisme aigu violent et s’exprime par une tension anxieuse durable, des conduites phobiques, et des reviviscences de la scène en cause.

Un bébé ne naît pas anxieux. Ce sont les expériences précoces et les traumatismes de vie qui façonnent nos mécanismes de défense.

Corrélation entre stress et anxiété

Plusieurs modèles actuels de l’anxiété impliquent le circuit du stress et de la peur.

Dans une première phase, le message stressant est analysé par le système limbique (amygdale — voie réflexe rapide) et en parallèle par le cortex (voie lente) en comparant la situation à des expériences passées afin d’élaborer une réponse adaptée.

La réponse du système limbique se fait par l’activation du système nerveux autonome et le système endocrinien. Dans la phase d’alarme, le système nerveux sympathique déclenche la libération d’adrénaline et de noradrénaline. La phase de résistance augmente la résistance face au stresseur par la libération de cortisol. Si l’activation est trop intense ou trop prolongée, l’énergie du corps s’épuise — c’est la phase d’épuisement.

L’autre voie de traitement de l’information, la voie lente impliquant le cortex préfrontal, sollicite nos capacités intellectuelles et débouche fréquemment sur des stratégies de coping.

Le coping est défini comme l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources de l’individu.

Les approches thérapeutiques

Les approches thérapeutiques classiques diffèrent fortement selon les symptômes présentés. On ne traite pas de la même manière une phobie, un TOC ou une anxiété généralisée.

La Thérapie Cognitivo Comportementale (TCC) intervient sur la gestion du stress par la prise en compte des stresseurs et par l’adaptation du sujet à la situation. Le patient apprend à distinguer les signes cognitifs, émotionnels et comportementaux, et entraîne différentes techniques : relaxation, respiration, cohérence cardiaque, restructuration cognitive, exposition, pleine conscience.

Les thérapies psychodynamiques cherchent à susciter des changements profonds et durables par l’utilisation du langage. Elles s’appuient sur la théorie psychanalytique et le transfert. Les psychothérapies psychanalytiques sont des traitements d’au moins un an.

Les techniques comportementales visent à une désensibilisation systématique. Le patient apprend à maîtriser une technique de relaxation, puis on le confronte progressivement à des situations anxiogènes.

Les thérapies cognitives se basent sur l’hypothèse selon laquelle les troubles anxieux sont liés à des pensées profondes qui traitent les stimuli de façon erronée. La technique vise à détailler les monologues internes, puis à suggérer des pensées alternatives.

Les TCC centrées sur les émotions présupposent une difficulté à réguler les émotions. Des techniques de relaxation, de pleine conscience (mindfulness), la thérapie de schémas de Jeffrey Young ainsi que la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) appartiennent à cette troisième vague.

L’anxiété, la phobie ou les TOCs ne sont que les symptômes du problème. En fait, ces symptômes constituent la stratégie mise en place pour résoudre un problème plus profond.

Pour en apprendre davantage

Ouvrages de vulgarisation

  • SERVAN-SCHREIBER David, Guérir le Stress, l’Anxiété et la Dépression sans médicaments ni psychanalyse, éd. Robert Laffont, 2003
  • HAGIMONT Olivia, Ça n’a pas l’air d’aller du tout !, éd. Odile Jacob, 2012
  • MIDAL Fabrice, Foutez-vous la paix ! et commencez à vivre, éd. Flammarion, 2017

Ouvrages thérapeutiques

  • Revue Hypnose & Thérapies brèves, Peurs et phobies, hors-série n°15, mars 2021
  • SERVANT Dominique, Gestion du stress et de l’anxiété, 3e éd., Elsevier Masson, 2012
  • NARDONE Giorgio, Peur, Panique, Phobies, éd. L’esprit du temps, 2010
  • MARCHAND André & al, La Peur d’avoir Peur, éd. Trécarré, 2018
  • NARDONE Giorgio, Vaincre les Attaques de Panique, Enrick B. Editions, 2019
  • BIOY Antoine & al, Aide-mémoire Hypnothérapie et hypnose médicale, éd. Dunod, 2014

Vous vous reconnaissez dans ces descriptions ?

L’anxiété n’est pas une fatalité. L’hypnothérapie telle que je la pratique, combinée à l’IFS, permet de remonter aux causes profondes et de les dissoudre en sécurité.